Procès à Lille : les frontières tuent mais l’État regarde ailleurs

Du 1er au 12 décembre, un procès avait lieu à Lille où 17 personnes étaient accusés d’être des « passeurs » et d’avoir commis un « homicide involontaire » suite au décès d’une érythréenne de 24 ans lors d’une tentative de traversée. Ce qui impressionne dans l’enquête est la principale source des preuves : elles ont presque toutes été obtenues via les données téléphoniques, que ce soit par le bornage près des « points de départ », par la saisie de plusieurs téléphones, mais surtout par la mise sur écoute d’une grande partie des accusés, qui avaient la mauvaise habitude d’échanger beaucoup d’infos pendant des appels en clair (via le réseau téléphonique classique).

Que la Justice les juge coupables, ça nous importe peu, cette situation est avant tout provoquée par les États européens qui traquent les personnes exilées, par les accords migratoires mortifères entre la fRance et l’Angleterre et, dans ce cas, par la dictature érythréenne qui force tant de gens à partir.