Et plouf la PAF !

Depuis avril 2026, les accords entre Londres et Paris sur les traversées de la Manche ont été révisés. Un budget en nette augmentation (+766M) pour financer de nouveaux effectifs de flics de la PAF (500 de plus pour un total de 1400), des armes et du high-tech pour traquer et empêcher les départs d’exilé·es. Et aussi de nouvelles mesures comme la possibilité d’utiliser des canons à eau (interdits en Angleterre) et l’interception des embarcations en mer jusqu’à 300m de la côte.

Cette dernière a été illustrée le 13 juin par une intervention assez « innovante » où l’on a pu voir des poulets en tenue anti-émeute barboter dans la Manche, de l’eau jusqu’à la taille. Ça prêterait à rire si ils n’étaient pas la pour gazer et matraquer une trentaine de personnes dont des mamans avec enfants en bas âge. Début mai, des condés avaient déjà crevé un pneumatique en mer avec de nombreuses personnes a bord ou encore avaient attrapé des enfants dans l’eau, des bras de leur mère.

Les mesures de cet accord s’ajoutent à celles du gouvernement français qui dans un même mouvement met aussi les gros moyens pour rendre plus difficile et dangereuse la traversée, comme le tout nouveau cantonnement pour deux compagnies de CRS qui doit bientôt voir le jour à Calais. Il n’y a jamais trop de moyens pour harceler quotidiennement les exilé·es dans leurs campements et empêcher les départs. Depuis janvier, au moins 15 personnes sont mortes en tentant la traversée.

Faits divers, faits d’été

La rubrique faits-divers de la Voix du Nord est longue comme ton bras. On a décidé d’en sortir quelques infos marrantes.

LE DÉSERTEUR – Un militaire de 23 ans est recherché parce qu’il a disparu. Dernier signe de « vie » vers Valenciennes le 22 juin, sur un chemin de halage alors que son téléphone borne. Vu le vieux monde qu’on lui demande de « défendre », on comprend qu’il ne souhaite pas y retourner. Déserteurs de tous les pays, unissons-nous !

LE RÉVOLTÉ – « C’est la révolution, Macron a été destitué ». Un type de 82 ans a reçu à coup d’arme à feu 2 gendarmes à son domicile qui intervenaient pour ses « propos délirants » à Nogent-le-Retrou. Il a été arrêté. On n’a plus le droit de rêver !? La VDN mentionne un transport à l’hôpital pour une extraction chirurgicale d’un « projectile » dans sa main… Oubliant de dire que le projectile en question vient des tirs de réplique des gendarmes ! Soutien à ce vieux camarade !

LES SAUVEURS – Alors que la fête de la musique bat son plein à Valenciennes, sous le soleil cani-culaire, des flics tombent sur un husky coincé dans une bagnole. Ils ont brisé la vitre pour le faire sortir. Ils butent des « criminels », ils sauvent des chiens innocents. Ah… que ferait-on sans la police ?

LE DÉNI – La rubrique faits-divers de la VDN regorge d’articles sur des condamnations de violeurs. À croire que la « justice » fait son boulot… Mais on apprend fin juin qu’il y a 820 dossiers d’agression sexuelle sur mineurs rien qu’à Boulogne-s/-mer, traités désormais « en priorité ». Avec une personne sur 10 en France concernée par l’inceste, c’est pas de justice qu’on a besoin, mais d’une révolution enfantiste.

Henri Lenfant tué par le GIGN : le gendarme acquitté

Mi-juin 2026, c’était le procès en appel d’Alexandre Bougy, le gendarme du GIGN qui a abattu Henri Lenfant dans une voiture le 28 septembre 2018 devant l’aire de gens du voyage dans laquelle il vivait. Le procès étant aux assises, une dizaine de juré·es civil·es a pu donner un avis favorable pour sauver le cul de ce pauvre gendarme. Il se défendait en disant « c’était lui ou moi ». Ou encore « il aurait pu se laisser interpeller, il a fait son choix ». Il a été acquitté par la justice.

Cette nuit-là, Henri se gare devant son lieu de vie et éteint le moteur. Ses deux passagers sortent du véhicule, mais lui reste à l’intérieur. Deux flics cagoulés bondissent face à lui, et une voiture du GIGN se colle derrière. Tout en le braquant, un premier schmitt brise sa vitre et lui dit de descendre. Il tente de faire sortir Henri, aidé par deux autres militaires en renfort, mais il est cramponné à son volant avec ses deux mains. Face à la justice, Bougy et ses collègues déroulent leur version : sans que ça ne soit « conforme », le tueur ouvre la portière passager et se met à genoux sur le siège, arme au poing. Il tire le frein à main et tente de tirer la clé sans succès. « Soudainement » (et magiquement), alors qu’Henri est toujours recroquevillé sur son volant, le moteur redémarre. Et la voiture effectue un très long périple d’environ 6 secondes à une vitesse de pointe de 15 km/h, et Henri aurait tenté – légitimement – de dégager le gendarme de l’habitacle. C’est là que le schmitt a vu sa vie défiler. Faut dire qu’à cette vitesse, le danger de mort est « caractérisé ». À cet instant, l’arme est entre l’appui-tête et la nuque d’Henri. Il tire.

Vive les gendarmes, des êtres stupéfiants (au bout d'un doigt d'honneur, 2 insectes gendarmes trônent).

Annonce de la Rentrée Anarchiste 2026 à Lille

La rentrée anarchiste post-estivale se construit ! Après deux réunion de pré-orga et une soirée pour faire des thunes, la suite de l’organisation de cette édition aura lieu le mardi 1er septembre à 18h au CCL.

Cette année le format change :

  • ce sera sur 2 week-ends, du 9 au 11 et du 16 au 18 octobre 2026
  • il y aura plusieurs collectifs invités (d’où le besoin de pépètes)
  • ce sera des journées thématiques autour de l’antiracisme, de l’antimilitarisme, de l’organisation collective, du care, et toujours des créneaux libres pour des propositions spontanées

Si tu veux participer à l’orga, proposer des choses où poser n’importe quelle question, viens à la prochaine réunion ou envoie nous un mail à rentree.anar.lille(arobase)herbesfolles.org !

+ d’infos sur la rentrée anarchiste sur Indymedia Lille (par exemple, ce texte qui présente l’édition 2025).

Hauts de France : des milliards pour les data-centers

Les lobbyistes de l’IA déboulent sévèrement dans le Nord. Après l’annonce par les Canadiens de Brookfield de 10 milliards d’euros d’investissements en 2025 pour des data centers à Cambrai, c’est maintenant les Néerlandais de Nebius qui veulent s’installer à Béthune avec 8 milliards et enfin les Japonais de Softbank qui veulent « investir » 45 milliards à Loon-Plage (proche de Dunkerque et des affreuses usines de batteries électriques Prologium et Verkor et de frites surgelées de Clarebout), à Bouchain (à côté de Valenciennes) et enfin en Picardie à Bosquel (à côté d’Amiens). On ne parle même pas de la consommation en eau et en électricité de toutes ces infrastructures numériques.

Ces annonces semblent tristement ironiques quand, 2 semaines plus tard, la canicule nous tape de plein fouet. Mais les fossoyeurs nous rassurent : ce seront des centres décarbonés alimentés au nucléaire. Et puis ils réfléchissent à créer des IA « sobres ». Mais rien dans l’IA ne peut être sobre : le minage des métaux rares exploite et alimente les guerres, comme au Congo ou au Soudan ; les modèles se construisent sur le travail de milliers d’ouvrier·es, et on ne sait pas trop quoi foutre des déchets atomiques de la plus grosse centrale française à Gravelines qui alimentera ces data centers. Et tout ça pour toujours plus inonder le net de contenus merdiques.

En complément, des écoles spécialisées dans l’IA vont voir le jour histoire d’endoctriner les plus jeunes et de normaliser l’utilisation systématique des IA partout tout le temps.

La seule IA sobre, c’est celle qui n’existe pas !

Cartographie des projets de data-centers par l'association Le nuage était sous nos pieds

Une carte des projets de data-centers (et des luttes amorcées contre) est trouvable sur le site de l’association Le nuage était sous nos pieds.

Numéro 25 – Juin-Juillet 2026

Nous avons un peu de retard dans la publication du numéro 25 (un quart de siècle !), mais le voici. Imprimez-le et diffusez-le partout où bon vous semble !

Le programme de ce numéro : l’arrivée massive de data-centers dans les Hauts-de-France pour doper le développement de l’IA, un gendarme tueur mais acquitté par la justice, les dernières nouvelles de la Police Aux Frontières et quelques faits divers en été. Aussi, la rentrée anarchiste 2026 s'(auto-)organise de nouveau cette année, pour y participer, rendez-vous le 1er septembre à 18h au CCL de Lille !

Ce numéro a fait l’objet d’une modification, on reviendra dessus à l’occasion. Ne vous étonnez pas si vous voyez des versions raturées en circulation, ou si vous n’avez pas la même que votre voisin.

On en profite pour rappeler qu’on est preneur·ses de contributions, que ça soit des textes d’actus, des revendications d’actions directes, des pamphlets, de la poésie inspirée, des dessins ou des détournements. Contactez-nous à : anarchielocale59[arobase]subvertising.org

Gallodromes : une « tradition » violente

« C’est leur nature, c’est leur vie, nous ne pouvez rien faire d’autre » c’est comme ça que sont présentés les coqs de combats par ceux qui les forcent à s’affronter à mort. Parce que oui, il y a des départements français où forcer des animaux à se mutiler mutuellement est autorisé : le Nord, le Pas-de-Calais, la Guadeloupe, la Réunion et la Martinique. Ce privilège repose sur le magnifique argument de la tradition. Une tradition qui consiste donc à mettre 2 coqs face à face avec une lame fixée sur chaque patte et à parier sur qui survivra. Dans les traditions avec des lames, perso nous préférons la guillotine.

La bonne nouvelle, c’est qu’en réalité cette pratique n’intéresse « que » quelques centaines de vieux dans le NP2C et que chaque année ça se casse un peu plus la gueule : les jeunes s’en tapent, personne veut reprendre et de moins en moins de communes acceptent de les accueillir. C’est d’ailleurs pour ça qu’on trouve difficilement les infos des évènements en ligne, ils ont peur que ce soit perturbé !

Et même si les combats de coq soulèvent facilement l’indignation (à raison), ils représentent une goutte d’eau par rapport au nombre d’animaux morts de la production industrielle de viande et d’œufs.

Ça branle dans la grange !
Gare à la revanche quand toute les poules s’y mettront !

Tout le monde est d’accord : la taule ça sert à rien

Y’a des grèves qu’on ne soutient pas. C’est le cas de celle des matons des prisons de Sequedin, près de Lille, qui se sont réunis le 9 avril devant le tribunal de Lille à l’appel du syndicat FO Pénitentiaire. Cette mobilisation a été suivie d’une grève nationale le 27 avril, et 14 des 17 prisons du NPDC étaient bloquées, pénalisant les personnes emprisonnées et leur proches.

Fait amusant : ils sont vraiment pas loin de dire que la prison ne sert à rien. Leur constat, c’est que l’augmentation du nombre de places ne diminue pas le nombre d’incarcérations et l’augmentation de l’utilisation des bracelets (1600 dans le Nord) n’a également aucun effet. Par conséquent, toutes les prisons de la région sont sur un 200 % de surpopulation constant. Ils se plaignent aussi de la quantité d’heures sup’ qu’iels doivent faire : jusqu’à 60h par mois ! À les écouter, ce seraient eux les premières victimes de la prison… mais quel foutage de gueule ! Hé, franchement, si ça te fatigue trop de violenter des prisonniers à longueur de journée, on l’a la solution : le feu aux la démission.

Évidemment, avec des conditions pareilles, les tensions se font sentir, un maton témoigne (sortez les violons) : « jets d’urine, crachats, violences physiques et menaces de mort sont courants », c’est donc pour ça qu’ils voient jaune !

Surpopulation ou non, les conditions d’emprisonnement ne seront jamais bonnes. Pour rappel, dans la région – à Vendin-le-Vieil – le premier QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée) a vu le jour. Là-bas, pas de surpopulation puisque la stratégie est de torturer les prisonniers par la privation de tout contact humain. Un « trafiquant de drogue », ça mérite bien la torture, non ?

« Guerre à la Guerre » : Forces unies à Lille !

Guerre à la guerre, c’est le nom d’une « campagne » lancée par une coalition d’organisations militantes l’année dernière. Cette campagne n’est pas faite de prairies et de ruisseaux paisibles, c’est bien un petit programme d’agitation politique radicale qui est en jeu !

À Lille, un groupe se constitue fin 2025 avec des militant·es d’organisations et assos anti-impérialistes, décoloniales ou écolo-radicales locales. Le 23 avril dernier, une présentation du projet a lieu dans un café lillois, power-point à l’appui. Pas moins de 100 personnes s’y pointent, débordant rapidement le cadre professoral (qui servait surtout de prétexte pour lancer le sujet) : dans le public, les trotskistes du PT ou du Poing Levé donnent des informations importantes sur les liens entre l’OTAN et Sciences Po ou sur les élus collaborationnistes du sur-financement de l’Armée française, les stals de l’URC trouvent qu’ils ont « plein de points communs» avec les propositions de « Guerre à la guerre », les maoïstes – bien que peu nombreux et divisés en « JR » ou ORA – sont prêts à y aller, méthodiquement et keffieh sur le chou. Et les anars, et les autonomes ? Plusieurs groupes ou individus sont aussi présents. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une assembléeaussi diversed’ultra-gauchiasses à Lille et ça fait plaisir ! Quand on sait que les grandes chefferies nationales de gôche s’écharpent (tricolore) sur la nouvelle scission-coalition-NUPES-NFP-2027, dans le Nord, on se retrouve sur une ambition commune : combattre la guerre, concrètement et localement.
Première cible : l’entreprise Thales.

Parcs à Lille : Néanmoins clôturés

À Wazemmes, des travaux sont en cours depuis 6 mois dans le parc entre la mairie de quartier et le métro. L’objectif – non-affiché – est de dégager les dealers et autres vendeurs de clopes à la sauvette. Une expérience récente a montré que peindre les murs en bleu ne suffit pas à écarter les pauvres et leurs fournisseurs (cf : place Jacques Fébvrier à Moulins). Alors depuis mi-avril, alors que la rénovation du parc approche de son terme, la botte secrète urbanistique se révèle : ils prévoient d’y coller des grilles, avec sans doute un horaire de fermeture pour le parc. Encore une fois, l’espace public se referme un peu plus, de peur que les sans-dents et sans-le-sous ne se l’approprient en dehors des heures autorisées dans les milieux autorisés. D’autres grilles poussent dans la ville autour d’autres parcs, alors ouvrons l’œil ! Chaque parc clôturé, c’est le droit à la ville qui s’écarte un peu plus.

Les travaux sont encore en cours (pour pas longtemps, vite vite), nous recommandons à tous les wazemmiotes et leurs ami·es de sortir de l’huile de coude pour décourager la mairie de coller des grilles à ce parc :

Proposition 1 : casser les blocs de béton sous les grilles (avec une masse)
Proposition 2 : dévisser les grilles et les portails avant et pendant leur pose
Proposition 3 : si les grilles sont posées : les ouvrir avec des meuleuses
Proposition 4 : faire une pétition contre les grilles (lol)
Attention aux caméras en face du métro d’un côté, et au croisement des rues Corneille et Abbé Aerts de l’autre.