Gallodromes : une « tradition » violente

« C’est leur nature, c’est leur vie, nous ne pouvez rien faire d’autre » c’est comme ça que sont présentés les coqs de combats par ceux qui les forcent à s’affronter à mort. Parce que oui, il y a des départements français où forcer des animaux à se mutiler mutuellement est autorisé : le Nord, le Pas-de-Calais, la Guadeloupe, la Réunion et la Martinique. Ce privilège repose sur le magnifique argument de la tradition. Une tradition qui consiste donc à mettre 2 coqs face à face avec une lame fixée sur chaque patte et à parier sur qui survivra. Dans les traditions avec des lames, perso nous préférons la guillotine.

La bonne nouvelle, c’est qu’en réalité cette pratique n’intéresse « que » quelques centaines de vieux dans le NP2C et que chaque année ça se casse un peu plus la gueule : les jeunes s’en tapent, personne veut reprendre et de moins en moins de communes acceptent de les accueillir. C’est d’ailleurs pour ça qu’on trouve difficilement les infos des évènements en ligne, ils ont peur que ce soit perturbé !

Et même si les combats de coq soulèvent facilement l’indignation (à raison), ils représentent une goutte d’eau par rapport au nombre d’animaux morts de la production industrielle de viande et d’œufs.

Ça branle dans la grange !
Gare à la revanche quand toute les poules s’y mettront !

Tout le monde est d’accord : la taule ça sert à rien

Y’a des grèves qu’on ne soutient pas. C’est le cas de celle des matons des prisons de Sequedin, près de Lille, qui se sont réunis le 9 avril devant le tribunal de Lille à l’appel du syndicat FO Pénitentiaire. Cette mobilisation a été suivie d’une grève nationale le 27 avril, et 14 des 17 prisons du NPDC étaient bloquées, pénalisant les personnes emprisonnées et leur proches.

Fait amusant : ils sont vraiment pas loin de dire que la prison ne sert à rien. Leur constat, c’est que l’augmentation du nombre de places ne diminue pas le nombre d’incarcérations et l’augmentation de l’utilisation des bracelets (1600 dans le Nord) n’a également aucun effet. Par conséquent, toutes les prisons de la région sont sur un 200 % de surpopulation constant. Ils se plaignent aussi de la quantité d’heures sup’ qu’iels doivent faire : jusqu’à 60h par mois ! À les écouter, ce seraient eux les premières victimes de la prison… mais quel foutage de gueule ! Hé, franchement, si ça te fatigue trop de violenter des prisonniers à longueur de journée, on l’a la solution : le feu aux la démission.

Évidemment, avec des conditions pareilles, les tensions se font sentir, un maton témoigne (sortez les violons) : « jets d’urine, crachats, violences physiques et menaces de mort sont courants », c’est donc pour ça qu’ils voient jaune !

Surpopulation ou non, les conditions d’emprisonnement ne seront jamais bonnes. Pour rappel, dans la région – à Vendin-le-Vieil – le premier QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée) a vu le jour. Là-bas, pas de surpopulation puisque la stratégie est de torturer les prisonniers par la privation de tout contact humain. Un « trafiquant de drogue », ça mérite bien la torture, non ?

« Guerre à la Guerre » : Forces unies à Lille !

Guerre à la guerre, c’est le nom d’une « campagne » lancée par une coalition d’organisations militantes l’année dernière. Cette campagne n’est pas faite de prairies et de ruisseaux paisibles, c’est bien un petit programme d’agitation politique radicale qui est en jeu !

À Lille, un groupe se constitue fin 2025 avec des militant·es d’organisations et assos anti-impérialistes, décoloniales ou écolo-radicales locales. Le 23 avril dernier, une présentation du projet a lieu dans un café lillois, power-point à l’appui. Pas moins de 100 personnes s’y pointent, débordant rapidement le cadre professoral (qui servait surtout de prétexte pour lancer le sujet) : dans le public, les trotskistes du PT ou du Poing Levé donnent des informations importantes sur les liens entre l’OTAN et Sciences Po ou sur les élus collaborationnistes du sur-financement de l’Armée française, les stals de l’URC trouvent qu’ils ont « plein de points communs» avec les propositions de « Guerre à la guerre », les maoïstes – bien que peu nombreux et divisés en « JR » ou ORA – sont prêts à y aller, méthodiquement et keffieh sur le chou. Et les anars, et les autonomes ? Plusieurs groupes ou individus sont aussi présents. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une assembléeaussi diversed’ultra-gauchiasses à Lille et ça fait plaisir ! Quand on sait que les grandes chefferies nationales de gôche s’écharpent (tricolore) sur la nouvelle scission-coalition-NUPES-NFP-2027, dans le Nord, on se retrouve sur une ambition commune : combattre la guerre, concrètement et localement.
Première cible : l’entreprise Thales.

Parcs à Lille : Néanmoins clôturés

À Wazemmes, des travaux sont en cours depuis 6 mois dans le parc entre la mairie de quartier et le métro. L’objectif – non-affiché – est de dégager les dealers et autres vendeurs de clopes à la sauvette. Une expérience récente a montré que peindre les murs en bleu ne suffit pas à écarter les pauvres et leurs fournisseurs (cf : place Jacques Fébvrier à Moulins). Alors depuis mi-avril, alors que la rénovation du parc approche de son terme, la botte secrète urbanistique se révèle : ils prévoient d’y coller des grilles, avec sans doute un horaire de fermeture pour le parc. Encore une fois, l’espace public se referme un peu plus, de peur que les sans-dents et sans-le-sous ne se l’approprient en dehors des heures autorisées dans les milieux autorisés. D’autres grilles poussent dans la ville autour d’autres parcs, alors ouvrons l’œil ! Chaque parc clôturé, c’est le droit à la ville qui s’écarte un peu plus.

Les travaux sont encore en cours (pour pas longtemps, vite vite), nous recommandons à tous les wazemmiotes et leurs ami·es de sortir de l’huile de coude pour décourager la mairie de coller des grilles à ce parc :

Proposition 1 : casser les blocs de béton sous les grilles (avec une masse)
Proposition 2 : dévisser les grilles et les portails avant et pendant leur pose
Proposition 3 : si les grilles sont posées : les ouvrir avec des meuleuses
Proposition 4 : faire une pétition contre les grilles (lol)
Attention aux caméras en face du métro d’un côté, et au croisement des rues Corneille et Abbé Aerts de l’autre.

Mairies RN : Les 14 Salopard·es

Avant, ils n’avaient qu’Hénin-Beaumont et Bruay-la-Buissière. Suite aux dernières élections, 12 autres villes de 3000 à 12.000 habitant·es passent au RN dans le bassin minier. 4 des maires RN élu·es dans ces communes sont passé·es par les services de la ville d’Hénin-Beaumont entre 2014 et 2026. On voit qui entretient le cliché de consanguinité dans le NPDC…

Dany Paiva, jeune élu nationaliste de 30 ans à Liévin, annonce dès son arrivée au pouvoir la suppression de la cérémonie du 1er Mai, en l’honneur des mineurs crevés au taf, « utilisée par les syndicats pour faire de la politique ». « De la propagande », dit-il ! C’est sûr que quand Marine le Pen sort presque littéralement de la hotte du père noël à Hénin, ça n’a rien de propagandiste… (oui oui, c’est bien arrivé en 2024)

Après l’anti-prolétaires, l’anti-LGBT : fin avril, dans la ville d’Harnes aussi passée au RN, 10 jours avant une projo-débat d’un film sur l’univers Drag, le cinéma municipal annule l’événement.

Mais il ne faut pas être affilié au parti pour être un tocard. À Faches-Thumesnil en avril, par exemple, le maire « divers droite » a annulé la Marche des Fiertés soutenue par son prédécesseur de La France Insoumise avant son départ. Dommage pour Brice Lauret, elle s’est transformée en manifestation avec 500 personnes, suivie d’une grosse soirée festive dans la salle municipale. Partout où elle est implantée, la droite réaffirme sa lutte contreles libertés et les minorités. À nous d’aller à son assaut, à l’image des fachois·es antifas ! Fachois mais pas facho !

Reculer pour mieux déserter

Ça n’a échappé à personne, le nationalisme a le vent en poupe. Depuis 2017, la stratégie de l’État est claire : le bourrage de crâne doit se faire à tout les étages. Tu es jeune ? Hop, service national. Tu as l’âge de faire des gosses ? Hop, accepte de « perdre tes enfants » à la guerre. T’es vieux·eille ? Direction les « Maisons fRance Autonomie » (nouveau nom des EHPAD). Tu bosses ? Hop, les premières lignes, en joue, nous sommes en guerre pour la souveraineté nationale ! Tu bosses pas ? Hop, va à fRance Travail et pourquoi pas devenir réserviste ? Le clou du spectacle aura été le nom du prochain navire de guerre appelé « fRance Libre » – sûrement capable de tirer des obus de libération, donc. C’est tellement bas et médiocre que c’en est presque insultant. On a pu voir qu’être volontairement ridicule a permis l’élection de nombreux fascistes à travers le globe, et toute cette propagande patriotique s’inscrit dans leur sillon. Pour le moment, on se contente d’en faire quelques blagues avant de parler d’autre chose, mais FRANCE apparaît partout.

Toute ces grosses ficelles vont devoir être coupées ! Les mouvements antimilitaristes ne sont pas nouveaux, c’est donc à nous de ressortir des textes, des œuvres, de s’inspirer des actions du passé et de ce qui se passe maintenant ailleurs, de s’adapter et de réapprendre à déserter. Si vous n’êtes pas familier·es de l’expression « objection de conscience », on recommande chaudement de vous y intéresser.

Non au natalisme – Non au militarisme – Non au nationalisme
Une seule nation, la procrasti-nation.

Numéro 24 – Avril-Mai 2026

On a compris que le numéro d’avril vous avez manqué, donc ce mois-ci sera un bi-mensuel ! Donc en bonus vous aurez le même nombre d’article que d’habitude.

Au programme : textes contres la guerre et le nationalisme, les conséquences de la démocratie, des barreaux et de la tradition.

Bonne lecture

Numéro 23 – Mars 2026

Au programme de ce mois de mars : une cagnotte contre les violences policières, l’impact de la bourgeoisie sur la région, la chronologie déprimante des violences de l’extrème-droite, une boite mail et (comme on a pas publié au début du mois) un petit retour sur la manif du 8 mars.

France Travail : Signer des contrats sans stylos et parfois sans même le savoir

Depuis janvier 2025, quasiment toutes les personnes qui ne travaillent pas mais qui veulent toucher des aides sociales doivent être inscrites à France Travail. Là, elles y signent un « contrat d’engagement » : ça liste les conditions auxquelles souscrit l’allocataire pour avoir accès au RSA, à l’allocation chômage ou à l’allocation adulte handicapé·e. Ces conditions sont individualisées, et les fameuses « 15 à 20h d’activité hebdomadaire » peuvent être très différentes selon ton profil et ton parcours. C’est pour ça que le collectif RATO – pour Résistance au Travail Obligatoire – organise une collecte de contrats d’engagements des gens du Nord. L’idée est de mieux comprendre ces contrats, de mesurer les disparités et de pointer les discriminations potentielles. Tu peux le trouver sur ton espace personnel sur le site de France Travail. Envoie-le (anonymisé si possible) sur rato59[arobase]hacari.com ou sur Mastodon (@RATO@piaille.fr).

Prochaine AG RATO le 18/02/26 à 18h à la Moulinette (105 bd V. Hugo) – l’occasion de jeter un œil ensemble sur ces contrats d’obligation !