Faits divers, faits d’été

La rubrique faits-divers de la Voix du Nord est longue comme ton bras. On a décidé d’en sortir quelques infos marrantes.

LE DÉSERTEUR – Un militaire de 23 ans est recherché parce qu’il a disparu. Dernier signe de « vie » vers Valenciennes le 22 juin, sur un chemin de halage alors que son téléphone borne. Vu le vieux monde qu’on lui demande de « défendre », on comprend qu’il ne souhaite pas y retourner. Déserteurs de tous les pays, unissons-nous !

LE RÉVOLTÉ – « C’est la révolution, Macron a été destitué ». Un type de 82 ans a reçu à coup d’arme à feu 2 gendarmes à son domicile qui intervenaient pour ses « propos délirants » à Nogent-le-Retrou. Il a été arrêté. On n’a plus le droit de rêver !? La VDN mentionne un transport à l’hôpital pour une extraction chirurgicale d’un « projectile » dans sa main… Oubliant de dire que le projectile en question vient des tirs de réplique des gendarmes ! Soutien à ce vieux camarade !

LES SAUVEURS – Alors que la fête de la musique bat son plein à Valenciennes, sous le soleil cani-culaire, des flics tombent sur un husky coincé dans une bagnole. Ils ont brisé la vitre pour le faire sortir. Ils butent des « criminels », ils sauvent des chiens innocents. Ah… que ferait-on sans la police ?

LE DÉNI – La rubrique faits-divers de la VDN regorge d’articles sur des condamnations de violeurs. À croire que la « justice » fait son boulot… Mais on apprend fin juin qu’il y a 820 dossiers d’agression sexuelle sur mineurs rien qu’à Boulogne-s/-mer, traités désormais « en priorité ». Avec une personne sur 10 en France concernée par l’inceste, c’est pas de justice qu’on a besoin, mais d’une révolution enfantiste.

« Guerre à la Guerre » : Forces unies à Lille !

Guerre à la guerre, c’est le nom d’une « campagne » lancée par une coalition d’organisations militantes l’année dernière. Cette campagne n’est pas faite de prairies et de ruisseaux paisibles, c’est bien un petit programme d’agitation politique radicale qui est en jeu !

À Lille, un groupe se constitue fin 2025 avec des militant·es d’organisations et assos anti-impérialistes, décoloniales ou écolo-radicales locales. Le 23 avril dernier, une présentation du projet a lieu dans un café lillois, power-point à l’appui. Pas moins de 100 personnes s’y pointent, débordant rapidement le cadre professoral (qui servait surtout de prétexte pour lancer le sujet) : dans le public, les trotskistes du PT ou du Poing Levé donnent des informations importantes sur les liens entre l’OTAN et Sciences Po ou sur les élus collaborationnistes du sur-financement de l’Armée française, les stals de l’URC trouvent qu’ils ont « plein de points communs» avec les propositions de « Guerre à la guerre », les maoïstes – bien que peu nombreux et divisés en « JR » ou ORA – sont prêts à y aller, méthodiquement et keffieh sur le chou. Et les anars, et les autonomes ? Plusieurs groupes ou individus sont aussi présents. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une assembléeaussi diversed’ultra-gauchiasses à Lille et ça fait plaisir ! Quand on sait que les grandes chefferies nationales de gôche s’écharpent (tricolore) sur la nouvelle scission-coalition-NUPES-NFP-2027, dans le Nord, on se retrouve sur une ambition commune : combattre la guerre, concrètement et localement.
Première cible : l’entreprise Thales.

Reculer pour mieux déserter

Ça n’a échappé à personne, le nationalisme a le vent en poupe. Depuis 2017, la stratégie de l’État est claire : le bourrage de crâne doit se faire à tout les étages. Tu es jeune ? Hop, service national. Tu as l’âge de faire des gosses ? Hop, accepte de « perdre tes enfants » à la guerre. T’es vieux·eille ? Direction les « Maisons fRance Autonomie » (nouveau nom des EHPAD). Tu bosses ? Hop, les premières lignes, en joue, nous sommes en guerre pour la souveraineté nationale ! Tu bosses pas ? Hop, va à fRance Travail et pourquoi pas devenir réserviste ? Le clou du spectacle aura été le nom du prochain navire de guerre appelé « fRance Libre » – sûrement capable de tirer des obus de libération, donc. C’est tellement bas et médiocre que c’en est presque insultant. On a pu voir qu’être volontairement ridicule a permis l’élection de nombreux fascistes à travers le globe, et toute cette propagande patriotique s’inscrit dans leur sillon. Pour le moment, on se contente d’en faire quelques blagues avant de parler d’autre chose, mais FRANCE apparaît partout.

Toute ces grosses ficelles vont devoir être coupées ! Les mouvements antimilitaristes ne sont pas nouveaux, c’est donc à nous de ressortir des textes, des œuvres, de s’inspirer des actions du passé et de ce qui se passe maintenant ailleurs, de s’adapter et de réapprendre à déserter. Si vous n’êtes pas familier·es de l’expression « objection de conscience », on recommande chaudement de vous y intéresser.

Non au natalisme – Non au militarisme – Non au nationalisme
Une seule nation, la procrasti-nation.

Numéro 24 – Avril-Mai 2026

On a compris que le numéro d’avril vous avait manqué, donc ce mois-ci sera un bi-mensuel ! En bonus vous aurez le même nombre d’article que d’habitude.

Au programme : textes contres la guerre et le nationalisme, les conséquences de la démocratie, des barreaux et de la tradition.

Bonne lecture

Les marchands de mort sont aussi dans le Nord

Ce n’est un secret pour personne, les grandes entreprises d’armement françaises sont complices d’Israël dans le génocide du peuple palestinien, quoiqu’en dise le gouvernement. Notre belle métropole lilloise ne fait pas figure d’exception en hébergeant plusieurs pôles important du commerce de la mort.

Stop Arming Israël fRance identifie 3 lieux d’implantation d’entreprises françaises d’armement qui collaborent avec Israël :
– Au 251 av. du bois à Lambersart, juste derrière la citadelle, une petite zone d’activité somme toute assez tranquille abrite les locaux de Thalès (et ses multiples caméras).
– Au 3 allée lavoisier à Villeneuve d’Ascq, une dizaine de salarié·es de dassault systèmes (un éditeur de logiciel) occupent une partie d’un grand bâtiment vitré.
– Rue marcel dassault (lol) à Seclin, un immense entrepôt de 50 000m² accueille tranquillement dassault aviation et ses 600 salarié·es.

Les actions de contestation s’intensifient sur le territoire, comme par exemple le blocage des cargaisons d’Eurolinks par les dockers de Fos-sur-Mer. Ici, l’entreprise située à Seclin s’est vue repeinte à coups de “collabo d’1 génocide” et autres slogans sur l’enceinte de l’entrepôt.

Nous, de belles actions comme ça, ça nous inspire !

Pour creuser le sujet, vous retrouverez ici, un guide détaillé des entreprises collabos rédigé par l’UJFP.
Et là, la carte interactive de Stop Arming Israël centrée sur la MEL.