Hauts de France : des milliards pour les data-centers

Les lobbyistes de l’IA déboulent sévèrement dans le Nord. Après l’annonce par les Canadiens de Brookfield de 10 milliards d’euros d’investissements en 2025 pour des data centers à Cambrai, c’est maintenant les Néerlandais de Nebius qui veulent s’installer à Béthune avec 8 milliards et enfin les Japonais de Softbank qui veulent « investir » 45 milliards à Loon-Plage (proche de Dunkerque et des affreuses usines de batteries électriques Prologium et Verkor et de frites surgelées de Clarebout), à Bouchain (à côté de Valenciennes) et enfin en Picardie à Bosquel (à côté d’Amiens). On ne parle même pas de la consommation en eau et en électricité de toutes ces infrastructures numériques.

Ces annonces semblent tristement ironiques quand, 2 semaines plus tard, la canicule nous tape de plein fouet. Mais les fossoyeurs nous rassurent : ce seront des centres décarbonés alimentés au nucléaire. Et puis ils réfléchissent à créer des IA « sobres ». Mais rien dans l’IA ne peut être sobre : le minage des métaux rares exploite et alimente les guerres, comme au Congo ou au Soudan ; les modèles se construisent sur le travail de milliers d’ouvrier·es, et on ne sait pas trop quoi foutre des déchets atomiques de la plus grosse centrale française à Gravelines qui alimentera ces data centers. Et tout ça pour toujours plus inonder le net de contenus merdiques.

En complément, des écoles spécialisées dans l’IA vont voir le jour histoire d’endoctriner les plus jeunes et de normaliser l’utilisation systématique des IA partout tout le temps.

La seule IA sobre, c’est celle qui n’existe pas !

Cartographie des projets de data-centers par l'association Le nuage était sous nos pieds

Une carte des projets de data-centers (et des luttes amorcées contre) est trouvable sur le site de l’association Le nuage était sous nos pieds.

Numéro 25 – Juin-Juillet 2026

Nous avons un peu de retard dans la publication du numéro 25 (un quart de siècle !), mais le voici. Imprimez-le et diffusez-le partout où bon vous semble !

Le programme de ce numéro : l’arrivée massive de data-centers dans les Hauts-de-France pour doper le développement de l’IA, un gendarme tueur mais acquitté par la justice, les dernières nouvelles de la Police Aux Frontières et quelques faits divers en été. Aussi, la rentrée anarchiste 2026 s'(auto-)organise de nouveau cette année, pour y participer, rendez-vous le 1er septembre à 18h au CCL de Lille !

Ce numéro a fait l’objet d’une modification, on reviendra dessus à l’occasion. Ne vous étonnez pas si vous voyez des versions raturées en circulation, ou si vous n’avez pas la même que votre voisin.

On en profite pour rappeler qu’on est preneur·ses de contributions, que ça soit des textes d’actus, des revendications d’actions directes, des pamphlets, de la poésie inspirée, des dessins ou des détournements. Contactez-nous à : anarchielocale59[arobase]subvertising.org

Numéro 23 – Mars 2026

Au programme de ce mois de mars : une cagnotte contre les violences policières, l’impact de la bourgeoisie sur la région, la chronologie déprimante des violences de l’extrème-droite, une boite mail et (comme on a pas publié au début du mois) un petit retour sur la manif du 8 mars.

Les Mulliez, ces gros losers

On connaît toustes les Mulliez, la famille derrière Auchan, Boulanger, Décathlon, Leroy Merlin, Jules, Norauto, Kiabi*… Bon bah en bons patrons qu’ils sont, ils ont voulu faire ce que les patrons savent faire de mieux : virer des gens, 2400 pour le coup. Et bien c’est raté pour cette fois, même la justice à trouvé ça abusé et a interdit ce licenciement fin septembre et a obligé les Mulliez à fournir aux syndicats des informations qu’ils avaient pas du tout envie de rendre publiques. Grâce à ça, tout les gens qui se sont retrouvés sur le carreau avant ce plan de licenciement peuvent facilement attaquer l’entreprise aux prud’hommes pour choper un peu de thunes.

Les Mulliez ont réussi à se mettre dans les poches 636 millions d’euros d’aides mais aucune perquisition n’a eu lieu au domicile de cette famille, faut passer le mot aux braqueurs. (lire page suivante)

* Mais attention, l’Association familiale Mulliez répète qu’« il n’existe pas de Groupe Mulliez » !

Étendue de l'empire de la famille Mulliez (300 entreprises, 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en cumulé pour plus de 850 membres de la grande famille).
Étendue de l’empire de la famille Mulliez (300 entreprises, 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en cumulé pour plus de 850 membres de la grande famille).

Tous les Shadocks d'en haut naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les Shadocks d'en bas aussi, mais ce n'est pas la même dignité, ni les mêmes droits... et c'est mieux pour les Shadocks d'en haut.

Numéro 20 – Novembre 2025

La nouvelle édition de votre wassingue d’infos locale préférée est enfin sortie ! Au menu : élections municipales, violences policières contre la jeunesse, déboires d’ilévia, fin de la dernière édition de Lille 3000 et un rappel en règle sur la famille Mulliez.

On n’a pas parlé de Louis Delemer (candidat Les Républicains aux municipales) et son adoubement par le sinistre Bruno Retailleau, ni de la « soirée des droites », mais le mois de décembre arrive vite et son lot de bonnes ou mauvaises nouvelles avec ! Envoyez-nous vos textes à anarchielocale59[arobaze]subvertising.org.

10 septembre : les jamais-content·e·s un peu content·e·s

Ce 10 septembre, on était content·es. De sentir les bourgeois trembler (et pas que ceux qui roulent en Tesla). Des semaines qui précédaient, où tout le monde était à fond (AG pleines, affiches collées partout par différents groupes…). D’avoir vu les gens en lutte utiliser des modes d’organisation qui nous sont chers, et prendre de plus en plus en compte la lutte contre les dominations. Des blocages et surtout du soutien de toutes les personnes qu’on croisait, qui étaient ravies de voir des gens essayer de tout bloquer (vos klaxons nous font du bien !). Des motiv’ de permanence soin, garderie et repas, parce que nos luttes ne passent pas uniquement par les pavés (de pierre ou de papier) ! D’avoir réussi à créer ces moments entre groupes qui n’arrivent pas à s’organiser ensemble habituellement. Du nombre de personnes présentes à la manif. De l’attention collective aux autres et de chouettes réflexes quand les flics chargeaient. Et de l’apparition de caisses de grève jusque tard dans la nuit à des endroits inattendus. Alors on continue !

Graffiti of a flower growing from a cop helmet.

« Ils peuvent essayer de couper les fleurs, mais ils ne peuvent pas empêcher le printemps ! » « De vos cendres nous nous soulèverons »

Se renseigner autrement, se rencontrer autrement

L’État nous manipule, les médias nous mentent. Vite dit, mais qu’est-ce qui est réel dans cette critique à l’emporte-pièce ? L’État n’est pas un monstre qui pense de manière cohérente, il a ses failles et ses contradictions. Il incarne à peu près ce que ses organes de pouvoir veulent. Si pour fonctionner, il a besoin de gens dociles, au boulot, qui ne crient pas, il matera autant qu’il le peut celleux qui vont dans le sens contraire. Les médias, selon qui les possède et ce qu’ils veulent, produisent des idées plus ou moins alignées avec celles des gouvernants et mentent principalement en cadrant énormément les sujets qu’ils traitent. L’idée anarchiste, c’est d’augmenter son autonomie à l’égard des structures de pouvoir.

Ainsi, tu trouveras des idées alternatives sur des sites comme infokiosques.net, ou des informations issues des gens directement sur des sites participatifs (lille.indymedia.org, paris-luttes.info, ricochets.cc…). Il existe aussi des médias alternatifs où les journalistes sont bénévoles (ou militants) : Contre Attaque, Rapports de forceSur Lille, tu peux retrouver une liste dans Anarchie Locale. De notre côté, on n’a pas la prétention d’être de la grande presse mais on tente de faire circuler les infos qu’on voit et qu’on veut partager, c’est notre moyen de nous réapproprier l’information.

Pour s’ouvrir à des idées alternatives, il y a aussi des lieux à Lille, où tu peux trouver des gens, des organisations, ou des informations sans ordres ni pubs : le Centre Culturel Libertaire (4 rue de Colmar), la CNT (32 rue d’Arras), l’Anamorphose (48 rue du Long Pot), le Centre LGBTQIF « J’en suis j’y reste » (19 rue de Condé)…

Ouvrons l’œil et retrouvons-nous !
Vive l’autonomie, vive l’anarchie.

Louise Michel, militante anarchiste, fin du 19e siècle

Frite industrielle : un amidon qui vous veut du bien

Normalement, la frite c’est la fête, mais bon pour correspondre à notre image d’anarchistes aigri·es, on va en dire du mal quand même !

Actuellement, 2 patates sur 3 sont produites dans les hauts-de-fRance et c’est pas prêt de diminuer puisque l’internationale capitaliste de la frite s’est constituée pour doubler la production nationale en 5 ans ! C’est donc Clarebout (belgique), Écofrost (idem), Agristo (pareil) et McCain (Canada) qui construisent leurs usines à frites surgelées dans le NP2C et la Somme, et ont donc « besoin » de 1,5 millions de tonnes de pommes de terre et donc de 40.000 hectares de terre supplémentaires. En 2024, la production en métropole était de 1,6 millions de tonnes…

Mais nous, on n’y croit pas au greenwashing de McCain qui, par exemple, nous promet une monoculture certes intensive mais respectueuse de l’environnement. Ou de Clarebout qui utilise le fret maritime pour (soit-disant) limiter l’usage des camions de transport, alors qu’il produit au moins 1400 tonnes de frites surgelées par jour dans chacune de ses 3 usines ! Que toutes les patates aillent dans les mains de ces industriels qui, en plus, font des frites de merde, ya pas moyen !

Ni milles-vaches, ni mille-diou ! Frites maison avant tout !

Numéro 15 – Juin 2025

Au programme de ce numéro : on félicite les copaines, on parle de jolis murs (avec illustrations), on parle de la pride de roubaix, on vous fait quelques reco et on crache sur les fabricants de frites.

A diffuser sans restriction.
Bisous, on se retrouvre en juillet (ou dans notre boite mail si vous avez envie d’envoyer des textes ou des retours)