Tout le monde est d’accord : la taule ça sert à rien

Y’a des grèves qu’on ne soutient pas. C’est le cas de celle des matons des prisons de Sequedin, près de Lille, qui se sont réunis le 9 avril devant le tribunal de Lille à l’appel du syndicat FO Pénitentiaire. Cette mobilisation a été suivie d’une grève nationale le 27 avril, et 14 des 17 prisons du NPDC étaient bloquées, pénalisant les personnes emprisonnées et leur proches.

Fait amusant : ils sont vraiment pas loin de dire que la prison ne sert à rien. Leur constat, c’est que l’augmentation du nombre de places ne diminue pas le nombre d’incarcérations et l’augmentation de l’utilisation des bracelets (1600 dans le Nord) n’a également aucun effet. Par conséquent, toutes les prisons de la région sont sur un 200 % de surpopulation constant. Ils se plaignent aussi de la quantité d’heures sup’ qu’iels doivent faire : jusqu’à 60h par mois ! À les écouter, ce seraient eux les premières victimes de la prison… mais quel foutage de gueule ! Hé, franchement, si ça te fatigue trop de violenter des prisonniers à longueur de journée, on l’a la solution : le feu aux la démission.

Évidemment, avec des conditions pareilles, les tensions se font sentir, un maton témoigne (sortez les violons) : « jets d’urine, crachats, violences physiques et menaces de mort sont courants », c’est donc pour ça qu’ils voient jaune !

Surpopulation ou non, les conditions d’emprisonnement ne seront jamais bonnes. Pour rappel, dans la région – à Vendin-le-Vieil – le premier QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée) a vu le jour. Là-bas, pas de surpopulation puisque la stratégie est de torturer les prisonniers par la privation de tout contact humain. Un « trafiquant de drogue », ça mérite bien la torture, non ?

Numéro 24 – Avril-Mai 2026

On a compris que le numéro d’avril vous avez manqué, donc ce mois-ci sera un bi-mensuel ! Donc en bonus vous aurez le même nombre d’article que d’habitude.

Au programme : textes contres la guerre et le nationalisme, les conséquences de la démocratie, des barreaux et de la tradition.

Bonne lecture

Ils braquent notre petit cœur

« Au secours, notre patrimoine ouin ouin ouin » pouvait-on entendre après le braquage du Louvre (pas celui de Lens) le 19 septembre dernier, où 9 bijoux, dont quelques-un ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, femme de napoléon. En 7 minutes top chrono l’équipe, qui s’est fait passée pour des employés du BTP, s’est mise dans la poche l’équivalent de 88 millions d’euros, soit un peu plus que le salaire journalier de Bernard Arnault. Malheureusement, ils se sont fait choper pour la plupart (mais pas Bernard). Ce genre de casse c’est pas anodin, c’est tellement ciblé que c’est forcément une commande faite par un type pété de thune. Si les bandeurs de napoléon pleurent sur les plateaux télés en s’indignant contre les voleurs, ils refusent de comprendre que ce sont d’autres bourgeois qui « pillent » leur patrimoine adoré. Et comme d’hab, pendant que les patrons empochent, ce sont les employés qui trinquent.

Plus local et tout aussi rapide et spectaculaire, c’est La Poste de Roubaix qui s’est faite ouvrir à l’explosif le 12 novembre pour faire sortir des sacs de biftons… pourtant vides. Comme au Louvre, les gilets jaunes étaient revêtis pour se faire passer pour des techniciens, mais l’explosion a sûrement donné des infos contradictoires aux passants. 6 perquisitions ont eu lieu dès le lendemain. Mais que reproche-t-on à tous ces « braqueurs » qui, bravement, ne font que tester les systèmes de sécurité de nos institutions ?

Braquage de La Poste à Roubaix, novembre 2025.

Bavure à Tourcoing

5 mineurs ont été interpellés suite à la publication d’une vidéo sortie de son contexte sur les réseaux sociaux, dont 2 placés en détention provisoire. Jeudi 11 septembre 2025 à Tourcoing, un individu identifié comme membre de la police, défavorablement connu des jeunes du quartier, a été maîtrisé pour des raisons qui nous sont encore inconnues, probablement en légitime défense. Selon nos sources, l’agent ferait l’objet d’une fiche S (comme Salopard). Ce bandit dénonce un traitement injuste et un usage disproportionné de la force à son encontre. Les deux jeunes ont été libérés le 18 septembre, prouvant leur innocence, mais sous contrôle judiciaire, démontrant à nouveau que les juges bleus de la République sont complices de la violence raciste policière.

IGPN (InsurG du Pont-de-Neuville)

Corvée de wassingue pour les matons

Depuis le mois de juillet, 88 détenus ont été transférés à la prison de Vendin-le-Viel (62), établissement de quartier haute sécurité. Le régime de détention y est inhumain : torture par privation de sommeil, fouille à nu plusieurs fois par jour, isolement, restrictions sur les activités, éloignement familial (transfert dans toute la fRance, Antilles comprises), parloir hygiaphone sans contact physique avec leurs visiteureuses. Pour protester, ces derniers ont inondé les coursives plusieurs soirs de suite. Certains détenus ont ensuite avalés des piles dans l’espoir d’être sorti le temps d’une opération, sans succès.

De nombreux recours ont été déposés par les prisonniers contre les conditions de détention en violation des droits humains et contre les motivations arbitraires de leur transfert. Les détenus ont entamé une grève de la faim depuis le 1er septembre.

Personne me mérite ce traitement inhumain ! Crève la taule !

« Liberté pour toustes » L’Anarc-En-Ciel n° 4 – Avril 2025

En ce moment, il y a pleins d’actions contre les prisons #DDPF. Depuis le 13 avril 2025, une série d’attaques plus ou moins incendiaires visent des centres pénitenciers. On tape dans le mille avec ce numéro sur la taule, son lien avec nos luttes et la libération queer. Diffusez-le partout, par-delà les frontières !

Edito :

Toute personne qui se lève contre le pouvoir finit tôt ou tard par faire face a la répression. C’est le sort que subissent aussi les minorités qui servent de boucs émissaires aux crises sociales. Double peine pour nous qui cumulons les oppressions et les violences. Voila pourquoi ce numéro parle de la prison, et de ce que les queers y risquent.

Nous ne sommes pas des spécoialistes, et on est pas sûr que les « experts », des dominants, soient le mieux placés pour en parler. Voilà pourquoi on donne surtout des ressources variées à explorer, en majorité faîtes par des personnes concernées. On termine par une ouverture sur l’Anti-psychiatrie, mais ça mériterait au moins un numéro à part entière.

Vous pouvez désormais retrouver nos numéros sur indymédia lille, sur anarchielocale.noblogs.org et sur notre nouveau site anarcenciel.noblogs.org !

L’Anarc-en-Ciel

PS : un prochain numéro sera sur le thème de L’ABOLITION DE L’ÉCOLE, envoyez vos articles, vos dessins, vos mèmes, vos poèmes et vos idées ! Aussi, si vous voulez mettre en avant vos p’tites créations locales, on peut faire ça.

Pour contribuer à ce journal, nous faire des retours ou contacter le groupe local de Lille : anarc-en-ciel [at] grrlz.net
Il est réalisé dans le cadre du Projet Anarc-En-Ciel Transnational (PACT). Plus d’infos sur anarcenciel.noblogs.org

Sommaire :

FREE LOUNA !
CATASTRUMP AUX USA
LES DEVIANCES EN PRISON
COLLECTIFS ANTI-TAULE A LILLE
ANTI-PRISON = ANTI-PSYCHIATRIE
LA RESISTRANCE ANTISIONISTE EMPRISONNEE

PDF (brochure) :
« Liberté pour toustes » L’Anarc-En-Ciel n°4 – Avril 2025

Feux à la prison

Cette année encore, pour fêter le nouvel an, des camarades ont choisi de partager les réjouissances avec les prisionnier·ère·s de Sequedin. En allant tirer les traditionnels feux d’artifices aux abords de la prison, iels ont offert un petit spectacle pyrotechnique aux détenu·e·s.

À l’heure de la chasse aux téléphones qui renforce d’autant plus l’isolement des personnes incarcérées, cette action de solidarité festive a permis, on le souhaite, de rompre un peu l’isolement carcéral et de réchauffer les coeurs, le temps du réveillon.

La France enferme toujours plus et les politiciens nous promettent des conditions de vie derrière les barreaux, toujours plus dures. Mais l’enfer-mement n’est pas la solution, pas même à la tranquillité bourgeoise.

Crève la taule

Kanaks enfermé·e·s près de chez vous

Courant mai, des révoltes ont éclaté en Kanaky (souvent appelé avec son nom colonial « Nouvelle-Calédonie ») suite à un projet visant à donner encore plus de pouvoir aux colons. Ceux-ci ont déjà un pouvoir énorme sur l’île qui vient de leur contrôle total sur le logement, les commerces, les entreprises. Comme dans les départements d’outre-mer, les blanc·he·s, notamment métropolitain·e·s, sont privilégié·e·s dans l’accès aux boulots qui donnent un niveau de vie décent. C’est donc un système de ségrégation bien huilé qui s’exerce sur la Kanaky.

En réponse à ces mouvements indépendantistes, l’état à déployé l’armée et à toléré la formation de milices coloniales, les prisons ont également étés utilisées comme un outil de contrôle : 7 militant·e·s du CCAT (Comité de Coordination des Actions de Terrain) ont été arrêté·e·s puis déporté·e·s vers la fRance métropolitaine avant d’être placées dans de multiples centres pénitentiaires. D’autres militant·e·s kanaks qui étaient porté·e·s disparu·e·s ont été retrouvé·e·s éparpillé·e·s dans des prisons aux quatres coins de l’hexagone. C’est ainsi que, dans les prisons de Lille-Annœullin et de Maubeuge, des indépendantistes sont incarcéré·e·s. Cet éclatement est évidemment une stratégie pour réduire au maximum toute forme de protestation et de solidarité, prouvons-leur qu’ils ont tort !

Pour leur apporter notre soutien, on peut leur envoyer du courrier ou donner à des cagnottes (sur helloasso). Sur Lille : vous pouvez contacter le collectif L’Arrache à l_arracheⒶriseup.net

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°6

Se faire la belle : dans les CRA aussi

Le 10 mai dernier, 7 personnes ont réussi à s’évader du Centre de Rétention Administrative (prison pour étranger·es) de Lesquin, au sud de Lille. Une évasion qui ne manquait pas de panache : ils sont passés par la grande porte avec le badge d’un maton. Et pouf, dehors ! La même nuit, 10 autres s’étaient fait la malle du CRA de Sète. Malheureusement 2 se sont fait toper et ont été expulsés le lendemain.

En attendant que les murs ne tombent, on pense à notre pote d’Emmaüs Nieppe qui s’est fait enfermer il y a 2 mois. L’État essaye de l’expulser, et d’éteindre la colère des grévistes d’Emmaüs au passage, qui attendent toujours leurs papiers promis par la Préfecture en février (lire Anarchie Locale n°1bis).

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°4