Mairies RN : Les 14 Salopard·es

Avant, ils n’avaient qu’Hénin-Beaumont et Bruay-la-Buissière. Suite aux dernières élections, 12 autres villes de 3000 à 12.000 habitant·es passent au RN dans le bassin minier. 4 des maires RN élu·es dans ces communes sont passé·es par les services de la ville d’Hénin-Beaumont entre 2014 et 2026. On voit qui entretient le cliché de consanguinité dans le NPDC…

Dany Paiva, jeune élu nationaliste de 30 ans à Liévin, annonce dès son arrivée au pouvoir la suppression de la cérémonie du 1er Mai, en l’honneur des mineurs crevés au taf, « utilisée par les syndicats pour faire de la politique ». « De la propagande », dit-il ! C’est sûr que quand Marine le Pen sort presque littéralement de la hotte du père noël à Hénin, ça n’a rien de propagandiste… (oui oui, c’est bien arrivé en 2024)

Après l’anti-prolétaires, l’anti-LGBT : fin avril, dans la ville d’Harnes aussi passée au RN, 10 jours avant une projo-débat d’un film sur l’univers Drag, le cinéma municipal annule l’événement.

Mais il ne faut pas être affilié au parti pour être un tocard. À Faches-Thumesnil en avril, par exemple, le maire « divers droite » a annulé la Marche des Fiertés soutenue par son prédécesseur de La France Insoumise avant son départ. Dommage pour Brice Lauret, elle s’est transformée en manifestation avec 500 personnes, suivie d’une grosse soirée festive dans la salle municipale. Partout où elle est implantée, la droite réaffirme sa lutte contreles libertés et les minorités. À nous d’aller à son assaut, à l’image des fachois·es antifas ! Fachois mais pas facho !

Numéro 24 – Avril-Mai 2026

On a compris que le numéro d’avril vous avez manqué, donc ce mois-ci sera un bi-mensuel ! Donc en bonus vous aurez le même nombre d’article que d’habitude.

Au programme : textes contres la guerre et le nationalisme, les conséquences de la démocratie, des barreaux et de la tradition.

Bonne lecture

Numéro 23 – Mars 2026

Au programme de ce mois de mars : une cagnotte contre les violences policières, l’impact de la bourgeoisie sur la région, la chronologie déprimante des violences de l’extrème-droite, une boite mail et (comme on a pas publié au début du mois) un petit retour sur la manif du 8 mars.

Revers de manche pour les fachos

Le 24 janvier, un groupe de AAA (Angleterre Aux Anglais) menaçait de venir pour une action coup de poing sur les plages du NP2C. Une grosse mobilisation antifasciste regroupant des gens de Calais, Dunkerque, Lille, de Belgique et d’ailleurs a fait passer le message qu’ilsn’étaient pas les bienvenus. Au final, sur les dizaines de nazillons annoncés, c’est une poignée de glandus qu’on a pu voir sur une plage faire une ridicule action de com’. Avant que 2 d’entre eux se fassent arrêter et finissent… au CRA !

Même si ce pétard mouillé fait plaisir à voir, le mouvement « Raise the colors » reste une menace à prendre au sérieux. Le site opaleaf.noblogs.org fait un excellent taf de veille antifasciste, lisez-les !

Spillebout chez les fachos

On voulait revenir sur Violette Spillebout, notre girouette macroniste locale dissidente du Parti Socialiste lillois élue députée en 2022. Dans ses faits d’armes, elle est co-rapporteuse de la commission Bétharram sur les violences solaires à l’Assemblée Nationale, mais aussi mobilisée contre Bolloré lors de la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du Journal du Dimanche (JDD) en 2023.

À Lille, elle est élue d’opposition depuis 2020, et elle se plaint d’un manque de démocratie chez le PS, autant sous Aubry que sous Deslandes. Dans son programme pour les municipales 2026, on y trouve de tout : grand parc de 15hA à Saint-Sauveur, plus de participation citoyenne, mais aussi +100 flics municipaux, armés et parqués dans un « grand Hôtel France » qui rassemblerait la mumu et la natio…

Ses contradictions ne s’arrêtent pas à ça : on a récemment appris par « indiscrétion de presse », que si elle devient maire de Lille, elle donnerait beaucoup plus la voix aux oppositions, France Insoumise comme Rassemblement National. En gros, elle veut donner une délégation de services pour les élus de ces partis… mais de manière révocable et sous condition de suivre la ligne dictée par la majorité (vive la démocratie). Elle ne cesse de renvoyer dos-à-dos LFI et RN, disant que l’un alimente l’autre. Mais c’est bien son parti La République en Marche ou Renaissance (qu’elle cache dans le contexte municipal) qui a offert un boulevard à l’extrême droite depuis 2017 par des politiques anti-pauvres et racistes. C’est qu’il faut aller débattre avec l’extrême droite ! Pas étonnant qu’on la retrouve sur CNews, dans le JDD, et même dans la grande soirée « Face à vous » organisée en novembre 2025 par le groupe Bolloré : Geoffroy Lejeune aux manettes, Christine Kelly, Éric Zemmour, Sarah Knaffo pour mettre du piment. Bref, une belle sauterie réunissant ceux qui veulent la fin de la démocratie en rêvant de parades policières à la sauce mussolinienne. Spillebout y intervenait pour parler de violences scolaires, mais, agitant les paniques morales du camp idéologique qui l’accueille aujourd’hui, elle semble plutôt parler des violences subies par les profs… « Il faut que les professeurs soient soutenus quand ils sont agressés, insultés. Dès le premier mot d’incivilité dans l’école, il faut qu’il y ait un barème de sanction plus sévère. »

Plus récemment encore, on l’a vue dans les rues lilloises interviewée par Tony Pittaro, un ancien journaliste de CNews qui fait des vidéos avec presqu’exclusivement des gens d’extrême droite (UNI, candidats RN ou Reconquête, Nemesis). 

Donc, de « barrage républicain » face à l’extrême droite il a quelques années, elle veut finalement discuter avec, et même lui donner une voix au conseil municipal de Lille. Mais ni de gauche ni de droite, hein !

USA : Solidarités face à la gestapo

Vous avez certainement vu passer les deux meurtres filmés commis par l’ICE – la « police de l’immigration » fondée par Bush en 2003, maintenue ensuite par les Démocrates et les Républicains pendant 20 ans puis arrosée de pognon et d’effectifs par Trump dès sa réélection – qui a provoqué une vague de manifestation et de solidarité dans tout le pays.

Après l’assassinat de Renee Nicole Good le 7 janvier dernier, des groupes s’organisent pour surveiller les patrouilles de police en faisant des tours de quartier à pied ou en voiture et en restant en contact vocal permanent. À la moindre voiture de la BAC locale, leur position est transmise au groupe, les véhicules sont suivis de près et les gens empêchent certaines interventions. Autre moyen de signaler la présence de l’ICE : des sifflets sont utilisés pour alerter rapidement les gens aux alentours. Cette utilisation des sifflets ne vient pas de nulle part, elle est la suite d’un long travail militant qui, dès la 2nde arrivée de Trump au pouvoir, a réfléchi à des moyens de se protéger collectivement. Depuis début 2025, des sifflets anti-ICE sont distribués dans les lieux militants, les bibliothèques, dans les boîtes à livres ou les boîtes aux lettres… C’est devenu une évidence à l’instant où la mobilisation a pris une grande ampleur dans le pays.

Autre exemple, les laveries sont surtout utilisées par les populations pauvres et donc par pas mal de gens ayant les mauvais papiers, ce qui en fait des cibles de choix. Des groupes de voisinages s’organisent donc pour récupérer et laver le linge de celleux qui en ont besoin. On a également pu voir la constitution de groupes armés se revendiquant des Black Panthers, dans le but de protéger les rassemblements anti-ICE.

Dans un autre registre, 2 étudiant·es ont monté un site (icemap.dev) qui recense toute l’activité de la milice fasciste en temps réel. Cet outil numérique s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives similaires d’alerte telles que l’appli ICEblock créée en mai 2025 – et retirée de l’Apple store en octobre.

Face au fascisme, la solidarité et la multiplicité
des tactiques d’entraide donne de la force !

Wazemmes contre la haine

Le 15 janvier, le Centre Culturel Libertaire a été attaqué par un groupe d’extrême droite. Depuis deux ans, l’extrême droite s’illustre pardes tags sur leCentre J’en Suis J’y Reste, l’Offensive oule Planning Familial, et par de trop nombreuses agressions dans les rues de Lille. C’est aussi le meurtre raciste de Djamel Bendjaballah à Dunkerque.

Si le CCL est une cible, c’est parce qu’on y défend un anarchisme inclusif. Car on s’y bat contre le sexisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie, la neuronormativité et la toxicophobie. Car il y a de la place pour celles et ceux qui sont exclues de cette société capitaliste, patriarcale et validiste.

Le CCL est un lieu autogéré. Pour le défendre, il faut le faire vivre.

De nombreux collectifs y trouvent un lieu ou se réunir, s’organiser et agir. C’est un espace qui vit au rythme de ses concerts et soirées de soutien, son émission hebdo sur Radio Campus, ses cantines véganes, sa bibliothèque, ou de l’atelier clefs dernièrement créé, etc. et ce depuis bientôt 40 ans (dont 26 à Wazemmes). Tout ou presque est inscrit sur l’agenda et le site internet. Venez, participez ! Pour s’organiser et proposer, il y a l’AG tous les derniers samedis du mois.

Si cette attaque est un coup dur pour les habitué·es du CCL, en particulier pour celleux ayant subi l’attaque ce soir-là, l’élan de soutien fait quand même chaud au cœur. Près de 150 personnes se sont rassemblées rue Colmar le lendemain midi, et plus de 350 lors d’une manif sauvage dans le quartier le surlendemain. Le CCL a même reçu un communiqué de solidarité d’un Centre Culturel Libertaire d’Amazonie à Belém au Brézil !

N’hésitez pas à venir tôt aux concerts, pour soutenir l’équipe et faire le nombre. Ça vaut aussi pour les événements du Centre J’en Suis J’y Reste. Face au fascisme, on serre les rangs : solidarité, autodéfense populaire !

Subvertir le fascisme, du Sénat à la rue Masséna
De l’Élysée jusqu’aux reclus !

Numéro 22 – Février 2026

Et hop un fois n’est pas coutume on entame février avec un nouveau numéro à l’heure (en papier en tout cas).
Ce mois-ci c’est 50 nuances de fascisme diluées avec une action contre un violeur et des pompiers tout feu tout flamme.

Envoyez-nous vos textes à anarchielocale59[arobaze]subvertising.org.

Les fascistes anglais s’affichent et s’organisent à Dunkerque

La frontière franco-britannique est une zone de crise permanente. Les gens mettent leur vie en péril pour traverser la mer depuis la côte entre Calais et Dunkerque. Ladite frontière naturelle est un cimetière d’exilé·es en recherche de refuge.

Depuis septembre 2025, s’ajoute la présence de fachos venus d’Angleterre, et leur « Opération Overlord » pour empêcher des gens de traverser. Notamment un groupe (entre 3 et 15 fachos) de « Raise the Colors ». Ils disent « bloquer les islamistes ». Ils trouent des bateaux, volent des gilets de secours, menacent les gens et prennent des photos avec le matos volé. Ils ciblent aussi des assos qui font de l’aide humanitaire. Leur capacité de nuisance est grande, ils bénéficient de moyens considérables de la part de donateurs (comme… Elon Musk) pour payer leurs traversées et leurs équipements et ils ont très présents sur les réseau sociaux, notamment Facebook et Instagram.

Début 2026, l’orga des fachos s’accélère : leurs « raids » de 2025 avaient pour but de tâter le terrain et faire des repérages. Désormais, ils envisagent une grande réunion au Royaume-Uni (dans laquelle ils attendent jusqu’à 2000 personnes), le 24 janvier pour rassembler des hommes pour former une organisation para-militaire. Selon eux, ils auraient 20.000 inscriptions d’adhérents potentiels. Ils ont prévu des traversées collectives de la Manche dès qu’une « fenêtre d’ouverture » se présente (météo qui facilite le trajet pour les exilé·es).

Si l’État brutalise quotidiennement les migrant·es à la frontière via sa police nationale et l’agence européenne Frontex, les fachos s’organisent aussi de plus en plus de chaque côté de la Manche pour terroriser la population. Une multitude de groupes d’extrême droite profite du fait qu’il y a peu de résistance à leur violence. Le soutien aux personnes exilé·es est une rigueur absolue, ainsi qu’aux gens solidaires qui résistent et luttent sur place à Calais, Dunkerque et aux alentours. Formons une riposte ensemble !

NO BORDER NO NATION

Infos : Veille Antifasciste Entre Calais Et Dunkerque (https://opaleaf.noblogs.org/)

Numéro 21 – Janvier 2026

S’il n’y a pas eu de numéro pour le mois de décembre 2025, on met les bouchées doubles pour démarrer 2026. Ce vingt-et-unième numéro cause de racisme : policier, britannique, judiciaire, municipal (spoiler, les familles à la rue quand il fait -5°C dehors sont racisées).

Nous sortirons prochainement un numéro spécial humour, avec des blagues plus ou moins anarchistes, et plus ou moins drôles, envoyez-nous vos meilleures histoires drôles, memes, jeux de mots… Le mail, c’est toujours anarchielocale59[arobaze]subvertising.org.