USA : Solidarités face à la gestapo

Vous avez certainement vu passer les deux meurtres filmés commis par l’ICE – la « police de l’immigration » fondée par Bush en 2003, maintenue ensuite par les Démocrates et les Républicains pendant 20 ans puis arrosée de pognon et d’effectifs par Trump dès sa réélection – qui a provoqué une vague de manifestation et de solidarité dans tout le pays.

Après l’assassinat de Renee Nicole Good le 7 janvier dernier, des groupes s’organisent pour surveiller les patrouilles de police en faisant des tours de quartier à pied ou en voiture et en restant en contact vocal permanent. À la moindre voiture de la BAC locale, leur position est transmise au groupe, les véhicules sont suivis de près et les gens empêchent certaines interventions. Autre moyen de signaler la présence de l’ICE : des sifflets sont utilisés pour alerter rapidement les gens aux alentours. Cette utilisation des sifflets ne vient pas de nulle part, elle est la suite d’un long travail militant qui, dès la 2nde arrivée de Trump au pouvoir, a réfléchi à des moyens de se protéger collectivement. Depuis début 2025, des sifflets anti-ICE sont distribués dans les lieux militants, les bibliothèques, dans les boîtes à livres ou les boîtes aux lettres… C’est devenu une évidence à l’instant où la mobilisation a pris une grande ampleur dans le pays.

Autre exemple, les laveries sont surtout utilisées par les populations pauvres et donc par pas mal de gens ayant les mauvais papiers, ce qui en fait des cibles de choix. Des groupes de voisinages s’organisent donc pour récupérer et laver le linge de celleux qui en ont besoin. On a également pu voir la constitution de groupes armés se revendiquant des Black Panthers, dans le but de protéger les rassemblements anti-ICE.

Dans un autre registre, 2 étudiant·es ont monté un site (icemap.dev) qui recense toute l’activité de la milice fasciste en temps réel. Cet outil numérique s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives similaires d’alerte telles que l’appli ICEblock créée en mai 2025 – et retirée de l’Apple store en octobre.

Face au fascisme, la solidarité et la multiplicité
des tactiques d’entraide donne de la force !

Wazemmes contre la haine

Le 15 janvier, le Centre Culturel Libertaire a été attaqué par un groupe d’extrême droite. Depuis deux ans, l’extrême droite s’illustre pardes tags sur leCentre J’en Suis J’y Reste, l’Offensive oule Planning Familial, et par de trop nombreuses agressions dans les rues de Lille. C’est aussi le meurtre raciste de Djamel Bendjaballah à Dunkerque.

Si le CCL est une cible, c’est parce qu’on y défend un anarchisme inclusif. Car on s’y bat contre le sexisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie, la neuronormativité et la toxicophobie. Car il y a de la place pour celles et ceux qui sont exclues de cette société capitaliste, patriarcale et validiste.

Le CCL est un lieu autogéré. Pour le défendre, il faut le faire vivre.

De nombreux collectifs y trouvent un lieu ou se réunir, s’organiser et agir. C’est un espace qui vit au rythme de ses concerts et soirées de soutien, son émission hebdo sur Radio Campus, ses cantines véganes, sa bibliothèque, ou de l’atelier clefs dernièrement créé, etc. et ce depuis bientôt 40 ans (dont 26 à Wazemmes). Tout ou presque est inscrit sur l’agenda et le site internet. Venez, participez ! Pour s’organiser et proposer, il y a l’AG tous les derniers samedis du mois.

Si cette attaque est un coup dur pour les habitué·es du CCL, en particulier pour celleux ayant subi l’attaque ce soir-là, l’élan de soutien fait quand même chaud au cœur. Près de 150 personnes se sont rassemblées rue Colmar le lendemain midi, et plus de 350 lors d’une manif sauvage dans le quartier le surlendemain. Le CCL a même reçu un communiqué de solidarité d’un Centre Culturel Libertaire d’Amazonie à Belém au Brézil !

N’hésitez pas à venir tôt aux concerts, pour soutenir l’équipe et faire le nombre. Ça vaut aussi pour les événements du Centre J’en Suis J’y Reste. Face au fascisme, on serre les rangs : solidarité, autodéfense populaire !

Subvertir le fascisme, du Sénat à la rue Masséna
De l’Élysée jusqu’aux reclus !

Numéro 22 – Février 2026

Et hop un fois n’est pas coutume on entame février avec un nouveau numéro à l’heure (en papier en tout cas).
Ce mois-ci c’est 50 nuances de fascisme diluées avec une action contre un violeur et des pompiers tout feu tout flamme.

Envoyez-nous vos textes à anarchielocale59[arobaze]subvertising.org.