Pompiers : Au feu la police

En ce moment, les pompiers se bougent contre leur manque de moyens – et accessoirement contre l’obligation de couper leur barbe pour porter le casque. Les unités de pompiers sont départementales, donc leur employeur ici c’est Christian Poiret, le type extrémiste de droite qu’on entend souvent sur les questions de RSA, d’Aide Sociale à l’Enfance ou de Tour de France. Après être allé·es le faire chier dans une action pacifique le 25 janvier aux vœux de sa mairie de Lauwin-Planque avec des pancartes « Pompiers méprisés », ils ont décidé de mettre la barre plus haut le 29 janvier. Périph’ bloqué, grosses barricades enflammées devant la direction départementale près du Nouveau Siècle, confrontations avec les flics éteints à coup de lances à eau ou d’extincteurs… Ils ont ainsi obtenu en partie satisfaction. Ça fait plaisir à voir, même si, par ailleurs, quand on essayait de faire la même chose pendant les Gilets Jaunes ou le 10 septembre, on finissait en taule ou éborgné·es,sans être écouté·es par les pouvoirs publics.

France Travail : Signer des contrats sans stylos et parfois sans même le savoir

Depuis janvier 2025, quasiment toutes les personnes qui ne travaillent pas mais qui veulent toucher des aides sociales doivent être inscrites à France Travail. Là, elles y signent un « contrat d’engagement » : ça liste les conditions auxquelles souscrit l’allocataire pour avoir accès au RSA, à l’allocation chômage ou à l’allocation adulte handicapé·e. Ces conditions sont individualisées, et les fameuses « 15 à 20h d’activité hebdomadaire » peuvent être très différentes selon ton profil et ton parcours. C’est pour ça que le collectif RATO – pour Résistance au Travail Obligatoire – organise une collecte de contrats d’engagements des gens du Nord. L’idée est de mieux comprendre ces contrats, de mesurer les disparités et de pointer les discriminations potentielles. Tu peux le trouver sur ton espace personnel sur le site de France Travail. Envoie-le (anonymisé si possible) sur rato59[arobase]hacari.com ou sur Mastodon (@RATO@piaille.fr).

Prochaine AG RATO le 18/02/26 à 18h à la Moulinette (105 bd V. Hugo) – l’occasion de jeter un œil ensemble sur ces contrats d’obligation !

Revers de manche pour les fachos

Le 24 janvier, un groupe de AAA (Angleterre Aux Anglais) menaçait de venir pour une action coup de poing sur les plages du NP2C. Une grosse mobilisation antifasciste regroupant des gens de Calais, Dunkerque, Lille, de Belgique et d’ailleurs a fait passer le message qu’ilsn’étaient pas les bienvenus. Au final, sur les dizaines de nazillons annoncés, c’est une poignée de glandus qu’on a pu voir sur une plage faire une ridicule action de com’. Avant que 2 d’entre eux se fassent arrêter et finissent… au CRA !

Même si ce pétard mouillé fait plaisir à voir, le mouvement « Raise the colors » reste une menace à prendre au sérieux. Le site opaleaf.noblogs.org fait un excellent taf de veille antifasciste, lisez-les !

Spillebout chez les fachos

On voulait revenir sur Violette Spillebout, notre girouette macroniste locale dissidente du Parti Socialiste lillois élue députée en 2022. Dans ses faits d’armes, elle est co-rapporteuse de la commission Bétharram sur les violences solaires à l’Assemblée Nationale, mais aussi mobilisée contre Bolloré lors de la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du Journal du Dimanche (JDD) en 2023.

À Lille, elle est élue d’opposition depuis 2020, et elle se plaint d’un manque de démocratie chez le PS, autant sous Aubry que sous Deslandes. Dans son programme pour les municipales 2026, on y trouve de tout : grand parc de 15hA à Saint-Sauveur, plus de participation citoyenne, mais aussi +100 flics municipaux, armés et parqués dans un « grand Hôtel France » qui rassemblerait la mumu et la natio…

Ses contradictions ne s’arrêtent pas à ça : on a récemment appris par « indiscrétion de presse », que si elle devient maire de Lille, elle donnerait beaucoup plus la voix aux oppositions, France Insoumise comme Rassemblement National. En gros, elle veut donner une délégation de services pour les élus de ces partis… mais de manière révocable et sous condition de suivre la ligne dictée par la majorité (vive la démocratie). Elle ne cesse de renvoyer dos-à-dos LFI et RN, disant que l’un alimente l’autre. Mais c’est bien son parti La République en Marche ou Renaissance (qu’elle cache dans le contexte municipal) qui a offert un boulevard à l’extrême droite depuis 2017 par des politiques anti-pauvres et racistes. C’est qu’il faut aller débattre avec l’extrême droite ! Pas étonnant qu’on la retrouve sur CNews, dans le JDD, et même dans la grande soirée « Face à vous » organisée en novembre 2025 par le groupe Bolloré : Geoffroy Lejeune aux manettes, Christine Kelly, Éric Zemmour, Sarah Knaffo pour mettre du piment. Bref, une belle sauterie réunissant ceux qui veulent la fin de la démocratie en rêvant de parades policières à la sauce mussolinienne. Spillebout y intervenait pour parler de violences scolaires, mais, agitant les paniques morales du camp idéologique qui l’accueille aujourd’hui, elle semble plutôt parler des violences subies par les profs… « Il faut que les professeurs soient soutenus quand ils sont agressés, insultés. Dès le premier mot d’incivilité dans l’école, il faut qu’il y ait un barème de sanction plus sévère. »

Plus récemment encore, on l’a vue dans les rues lilloises interviewée par Tony Pittaro, un ancien journaliste de CNews qui fait des vidéos avec presqu’exclusivement des gens d’extrême droite (UNI, candidats RN ou Reconquête, Nemesis). 

Donc, de « barrage républicain » face à l’extrême droite il a quelques années, elle veut finalement discuter avec, et même lui donner une voix au conseil municipal de Lille. Mais ni de gauche ni de droite, hein !

Ary Abittan : Casino Barricade

Cet humoriste et acteur français a été mis en examen pour viol sur une femme étudiante en 2021. La justice a prononcé un non-lieu malgré les preuves évidentes (lésions physiques importantes, témoignages de son agressivité dans ses relations). S’il avait été blacklisté de la scène culturelle, il revient timidement sur les planchesdepuis un an. Plusieurs représentations ont été perturbées, et les personnes mobilisées ont notamment été qualifiées de « sales connes » par Brigitte Macron avant une représentation en décembre dernier, alors qu’elle s’adressait en off à Ary Abittan.

À Lille, le Casino Barrière le programme le 25 janvier 2026. Un rassemblement de 250 « sales connes » revendiquées a lieu, sous haute défense policière. Ambiance hyper festive, dansante, et déterminée. Ceux qui viennent voir le spectacle sont pointés du doigt, prétextant parfois s’être fait offrir la place. Change de pote ! À la fin du rassemblement, deux personnes sont arrêtées et mises en garde à vue par les flics pour « outrage à agent ».

Encore une fois, la police protège les violeurs.

All Celebrations Are Beautifull

Ce mois dernier, les wazemmois·es ont encore subi une forte pression policière. Cette fois-ci, ce n’est pas une révolte que les flics ont réprimé, mais juste de la joie. Contre les feux d’artifices des supporters qui célébraient les victoires leurs équipes lors de la coupe d’Afrique des Nations, ces nostalgiques des colonies ont tiré des lacrymos en masse autour de la rue des Postes. C’est que la police raciste ne supporte pas les célébrations des amateurs de foot si leurs drapeaux sont algériens, marocains ou sénégalais

Wazemmes contre la haine

Le 15 janvier, le Centre Culturel Libertaire a été attaqué par un groupe d’extrême droite. Depuis deux ans, l’extrême droite s’illustre pardes tags sur leCentre J’en Suis J’y Reste, l’Offensive oule Planning Familial, et par de trop nombreuses agressions dans les rues de Lille. C’est aussi le meurtre raciste de Djamel Bendjaballah à Dunkerque.

Si le CCL est une cible, c’est parce qu’on y défend un anarchisme inclusif. Car on s’y bat contre le sexisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie, la neuronormativité et la toxicophobie. Car il y a de la place pour celles et ceux qui sont exclues de cette société capitaliste, patriarcale et validiste.

Le CCL est un lieu autogéré. Pour le défendre, il faut le faire vivre.

De nombreux collectifs y trouvent un lieu ou se réunir, s’organiser et agir. C’est un espace qui vit au rythme de ses concerts et soirées de soutien, son émission hebdo sur Radio Campus, ses cantines véganes, sa bibliothèque, ou de l’atelier clefs dernièrement créé, etc. et ce depuis bientôt 40 ans (dont 26 à Wazemmes). Tout ou presque est inscrit sur l’agenda et le site internet. Venez, participez ! Pour s’organiser et proposer, il y a l’AG tous les derniers samedis du mois.

Si cette attaque est un coup dur pour les habitué·es du CCL, en particulier pour celleux ayant subi l’attaque ce soir-là, l’élan de soutien fait quand même chaud au cœur. Près de 150 personnes se sont rassemblées rue Colmar le lendemain midi, et plus de 350 lors d’une manif sauvage dans le quartier le surlendemain. Le CCL a même reçu un communiqué de solidarité d’un Centre Culturel Libertaire d’Amazonie à Belém au Brézil !

N’hésitez pas à venir tôt aux concerts, pour soutenir l’équipe et faire le nombre. Ça vaut aussi pour les événements du Centre J’en Suis J’y Reste. Face au fascisme, on serre les rangs : solidarité, autodéfense populaire !

Subvertir le fascisme, du Sénat à la rue Masséna
De l’Élysée jusqu’aux reclus !

USA : Solidarités face à la gestapo

Vous avez certainement vu passer les deux meurtres filmés commis par l’ICE – la « police de l’immigration » fondée par Bush en 2003, maintenue ensuite par les Démocrates et les Républicains pendant 20 ans puis arrosée de pognon et d’effectifs par Trump dès sa réélection – qui a provoqué une vague de manifestation et de solidarité dans tout le pays.

Après l’assassinat de Renee Nicole Good le 7 janvier dernier, des groupes s’organisent pour surveiller les patrouilles de police en faisant des tours de quartier à pied ou en voiture et en restant en contact vocal permanent. À la moindre voiture de la BAC locale, leur position est transmise au groupe, les véhicules sont suivis de près et les gens empêchent certaines interventions. Autre moyen de signaler la présence de l’ICE : des sifflets sont utilisés pour alerter rapidement les gens aux alentours. Cette utilisation des sifflets ne vient pas de nulle part, elle est la suite d’un long travail militant qui, dès la 2nde arrivée de Trump au pouvoir, a réfléchi à des moyens de se protéger collectivement. Depuis début 2025, des sifflets anti-ICE sont distribués dans les lieux militants, les bibliothèques, dans les boîtes à livres ou les boîtes aux lettres… C’est devenu une évidence à l’instant où la mobilisation a pris une grande ampleur dans le pays.

Autre exemple, les laveries sont surtout utilisées par les populations pauvres et donc par pas mal de gens ayant les mauvais papiers, ce qui en fait des cibles de choix. Des groupes de voisinages s’organisent donc pour récupérer et laver le linge de celleux qui en ont besoin. On a également pu voir la constitution de groupes armés se revendiquant des Black Panthers, dans le but de protéger les rassemblements anti-ICE.

Dans un autre registre, 2 étudiant·es ont monté un site (icemap.dev) qui recense toute l’activité de la milice fasciste en temps réel. Cet outil numérique s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives similaires d’alerte telles que l’appli ICEblock créée en mai 2025 – et retirée de l’Apple store en octobre.

Face au fascisme, la solidarité et la multiplicité
des tactiques d’entraide donne de la force !

Procès à Lille : les frontières tuent mais l’État regarde ailleurs

Du 1er au 12 décembre, un procès avait lieu à Lille où 17 personnes étaient accusés d’être des « passeurs » et d’avoir commis un « homicide involontaire » suite au décès d’une érythréenne de 24 ans lors d’une tentative de traversée. Ce qui impressionne dans l’enquête est la principale source des preuves : elles ont presque toutes été obtenues via les données téléphoniques, que ce soit par le bornage près des « points de départ », par la saisie de plusieurs téléphones, mais surtout par la mise sur écoute d’une grande partie des accusés, qui avaient la mauvaise habitude d’échanger beaucoup d’infos pendant des appels en clair (via le réseau téléphonique classique).

Que la Justice les juge coupables, ça nous importe peu, cette situation est avant tout provoquée par les États européens qui traquent les personnes exilées, par les accords migratoires mortifères entre la fRance et l’Angleterre et, dans ce cas, par la dictature érythréenne qui force tant de gens à partir.

Les fascistes anglais s’affichent et s’organisent à Dunkerque

La frontière franco-britannique est une zone de crise permanente. Les gens mettent leur vie en péril pour traverser la mer depuis la côte entre Calais et Dunkerque. Ladite frontière naturelle est un cimetière d’exilé·es en recherche de refuge.

Depuis septembre 2025, s’ajoute la présence de fachos venus d’Angleterre, et leur « Opération Overlord » pour empêcher des gens de traverser. Notamment un groupe (entre 3 et 15 fachos) de « Raise the Colors ». Ils disent « bloquer les islamistes ». Ils trouent des bateaux, volent des gilets de secours, menacent les gens et prennent des photos avec le matos volé. Ils ciblent aussi des assos qui font de l’aide humanitaire. Leur capacité de nuisance est grande, ils bénéficient de moyens considérables de la part de donateurs (comme… Elon Musk) pour payer leurs traversées et leurs équipements et ils ont très présents sur les réseau sociaux, notamment Facebook et Instagram.

Début 2026, l’orga des fachos s’accélère : leurs « raids » de 2025 avaient pour but de tâter le terrain et faire des repérages. Désormais, ils envisagent une grande réunion au Royaume-Uni (dans laquelle ils attendent jusqu’à 2000 personnes), le 24 janvier pour rassembler des hommes pour former une organisation para-militaire. Selon eux, ils auraient 20.000 inscriptions d’adhérents potentiels. Ils ont prévu des traversées collectives de la Manche dès qu’une « fenêtre d’ouverture » se présente (météo qui facilite le trajet pour les exilé·es).

Si l’État brutalise quotidiennement les migrant·es à la frontière via sa police nationale et l’agence européenne Frontex, les fachos s’organisent aussi de plus en plus de chaque côté de la Manche pour terroriser la population. Une multitude de groupes d’extrême droite profite du fait qu’il y a peu de résistance à leur violence. Le soutien aux personnes exilé·es est une rigueur absolue, ainsi qu’aux gens solidaires qui résistent et luttent sur place à Calais, Dunkerque et aux alentours. Formons une riposte ensemble !

NO BORDER NO NATION

Infos : Veille Antifasciste Entre Calais Et Dunkerque (https://opaleaf.noblogs.org/)