Pas touche à vos Linky !

Les compteurs Linky sont un outil de surveillance de masse qui s’est imposé dans toutes nos baraques. Malgré ça, y’a des gens qui essayent de contourner cette surveillance. C’est le cas d’un type dans le Valenciennois qui proposait sur snap de modifier les compteurs pour réduire la facture d’électricité. Il faisait en sorte que le compteur ne capte pas toute la consommation de l’habitation concernée, la facture baissait de 50 à 70%. La manipulation est assez simple (👀), et de plus en plus de gens y ont recourt. Dommage, ce gars s’est fait arrêté, suite au travail coordonné des flics et d’Enedis.

« La fraude au compteur électrique, c’est du vol d’électricité et c’est illégal », rappelle Enedis.

« Ouin ouin ouin », entendrons-nous.

Hénin-Beaumont : le théâtre de l’Escapade vire au brun

Le 25 septembre 2024, c’est le lancement de la saison du théâtre de l’Escapade à Hénin-Beaumont, fief du Rassemblement National depuis 2014. Plus de 100 personnes sont présentes et écoutent le président de l’association, d’un naturel fébrile, faire les présentations. Quand Jean-Luc Dubroecq termine son discours, 60 personnes montent sur scène avec une grande banderole dans un calme assourdissant. 

Au micro, une comédienne lit un long texte qui explique ce sabotage en règle. Le collectif, d’artistes et de soutiens, demande la signature d’une convention pour garantir la liberté de l’asso sur la gestion du lieu, le retour du directeur artistique en arrêt depuis l’été, le maintien du financement du lieu (dont 300.000€ par an par la ville, tout de même), et le recrutement par l’asso’ de plus de travailleurs. Dans la salle, deux ou trois personnes réagissent à cette prise d’otage désarmante. On entend même une femme dire qu’elle veut appeler les keufs.

L’association, qui gère le lieu depuis 55 ans, est en PLS. Suite au départ de deux travailleurs du théâtre, deux agents municipaux les remplacent… à l’arrache. En plus, Jean-Luc Dubroecq, ce vieux loubard a signé une convention avec la mairie RN, propriétaire des murs du théâtre, lui permettant de réquisitionner le lieu sous 15 jours si elle le souhaite, même si un spectacle est programmé. Pire, si elle veut gérer elle-même la programmation culturelle du lieu, elle peut virer l’association avec un préavis de 2 mois. Faut dire que Steeve Briois (n°2 du RN entre 2011 et 2018) a les idées claires sur la prog’ du lieu : « les navets et la daube gauchiste de l’Escapade, haut lieu de l’inculture et de la propagande anti-raciste ». Cet été, Dubroecq a proposé de virer le directeur artistique pour harcèlement moral sur les 2 agents municipaux. 5 des 8 personnes du Conseil d’administration ont voté contre. Raté. Par contre, la mairie de fachos contre-attaque en portant plainte contre l’asso pour complicité de harcèlement.

Aux revendications, nous on ajouterait bien : que Briois crève et que Dubroecq le collabo dégage de la présidence ! Et pourquoi pas faire une direction collégiale pour assurer une gestion moins autoritaire…

Le gouvernement il est nul

Bon, y a un nouveau gouvernement. On va vous épargnez la liste des 39 « nouveaux » qui vont nous mettre la misère. Mais on pense quand même que c’est important de savoir que le nouveau ministre de l’intérieur est un réac’, raciste et homophobe. Que de nombreuses personnes du gouvernement étaient actives dans la « Manif pour tous ». Que le RN se réjouit de ce gouvernement et que le premier combat de bruno retailleau est la suppression de l’Aide Médicale d’État. Si tu as cru qu’aller voter permettrait de lutter contre les fafs, te voilà convaincu que ce n’est pas le cas ! Alors soyons au taquet et n’attendons pas 2027 pour nous retrouver, partout, pour lutter ensemble.

Telegram : Pavel est une poucave

Pavel Dourov, c’est celui qui est à la tête de telegram. Telegram c’est une application de messagerie qui se vantait de respecter la vie privée de ses utilisateurices, et qui a donc été rapidement adoptée par pas mal de militant·e·s. Telegram a désormais près de 1 milliard d’utilisateurices, même en comptant les bots et les faux comptes, ça fait beaucoup ! Comme l’appli brasse pas mal de thunes et que le gars a dit 2 mots en français à la télé, l’Élysée lui a donné la nationalité en 2021, le propulsant à la 12e place des plus grandes fortunes françaises. Comme quoi, on est médisant·e quand on dit que la fRance accueille mal les exilé·e·s. Seulement voilà, l’État aime pas trop quand il n’a pas accès à nos moindres faits et gestes, du coup fin août Pavel a été arrêté parce qu’il collaborait pas et a reçu une OQTF et une obligation de pointage 2 fois par semaines au commissariat. Visiblement le coup de pression a fonctionné car Telegram vient d’annoncer son entière coopération avec la police française.

On sait pas si il y un lien ou si c’est simplement le hasard du calendrier, mais le compte telegram « No Border Calais » a été supprimé sans préavis [indymedia]. Au moins maintenant on sait que pour obtenir ses papiers, il faut être une poucave riche !

Si vous cherchez à vous protéger, on vous recommande de lire la brochure d’autodefense numérique et de passer par l’application Signal si vous avez un « smart »phone. Plus d’info sur notrace.how (à consulter de préférence avec le navigateur TOR).

Moulins : Gratuité et solidarité antifasciste

Samedi 21 septembre, avec quelques copaines de Moulins, on a organisé une donnerie pour la 3e fois : c’est une braderie où tout est gratuit. Tu amènes des trucs si tu as des choses a donner, tu repars avec des trucs si ça te fait plaisir. L’idée c’est de partager un moment sympa dans l’espace public sans demander la permission et de construire des solidarités avec les voisin·e·s du quartier.

On a fait ça place du Carnaval, de 16h a 19h et on a kiffé discuter avec les uns les unes les autres. Par exemple on a rencontré Fatima, « la Doyenne » de Moulins : elle est arrivée en 1987 dans le premier immeuble autour de la place aux crayons qui était alors une friche collée à une ancienne usine de café. Elle a ramené plein de thé à partager. D’autres voisin·e·s qu’on a croisé sont déter à organiser la prochaine avec nous.

Le matin-même on a distribué 400 tracts qui disaient qu’on organisait ça « parce qu’on habite le quartier et qu’on pense que ni Macron ni Bardella s’amélioreront la situation ! On est féministes, antiracistes et on pense que la solidarité est notre arme ! » Au monsieur qui fumait sa clope devant un salon de thé et qui nous a lancé : « Vous avez raison, c’est une bien belle lettre que vous avez écrit » et à tous les autres, big up ! On se dit que ça serait stylé si ça peut inspirer d’autres personnes pour organiser ça dans leur quartier !

Pas de Retraite, pas de braderie

Le weekend du 14 et 15 septembre c’était la braderie, RDV « incontournable » où toute tentative de manifestation est vouée à l’échec. Une tentative de rassemblement féministe à République, contre la culture du viol et en soutien à Gisèle Pélicot, a d’ailleurs été interdite. Mais le samedi, en se baladant porte de Paris, on a pu entrendre des slogans datant de la mobilisation contre la réforme des retraites. En tendant l’oreille, on découvre une trentaine de militant·e·s poursuivant Violette Spillebout (ancienne emmurée vivante) et Elisabeth Borne (championne olympique du 49.3) à coup de « Elisabeth casse-toi, Lille veut pas de toi ». Le gratin politicien était évidemment escorté de flics et de gardes du corps, mais cette manif impromptue entre la porte de Paris et la mairie aura réussi à dégager ces 2 parasites de la braderie !

Frauder, c’est beau et ça se voit!

La question de la fraude est centrale pour la Métropole Européenne de Lille. Pour y répondre, Keolis s’était engagé à faire passer le taux de fraude annuel de 12 % en 2018 à 5,8 % en 2022. C’était la raison de l’installation de ces portiques de mort, terminée en 2021 et ardemment soutenue par l’immonde Darmanin lui-même. Bon au final le chiffre de fraude reste proche des 10%, un bel « échec » dont on peut se féliciter, bien fait pour eux.

En vrai, ce qui coûte, c’est pas la fraude (on ne « vole » pas une place dans un métro) mais leur obsession avec la répression : rien que l’installation des portiques a coûté 61 millions d’euros, à quoi s’ajoute la paye de ces bâtards de contrôleurs (10,1 millions en 2022).

Même leurs amendes bien trop chères ne remboursent pas ces coûts (0,8 million par an). Ce constat est loin d’amener une réflexion sur la gratuité des transports. Au contraire, c’est une excuse pour un déploiement plus intensif de surveillance. Contrôleurs, portiques, caméras, hausse des tarifs, cartes RFID… L’idéologie est claire.

Heureusement la fraude fait partie de la culture locale : du collégien à la grand-mère, tout le monde s’entraide pour ouvrir ces foutus portiques ! En attendant, on écoute la dernière musique des potes, « Wesh la Fraude », en chantonnant le refrain au bon souvenir de la Mutuelle des Fraudeurs.

Le retour de l’uniforme

Ça fait presque cliché de dire que l’école est un lieu d’embrigadement de la jeunesse. On a très facilement en tête le clip de The Wall où des profs passent des gamins dans un hachoir à viande. Pourtant cette rentrée, c’est le retour de l’uniforme à l’école dans une soixantaine d’établissements scolaires de fRance. Dans le Nord, on se retrouve donc avec une dizaine d’écoles et 1 lycée pro qui forceront leurs élèves à porter un uniforme bleu marine – sans commentaire. L’argument phare, c’est que ça « éviterait les discriminations », parce qu’évidemment avoir les même fringues que les autres va magiquement supprimer l’ensemble des dominations que l’école tolère et/ou reproduit. Comme autre moyen de contrôle des enfants, certains collèges (environ 200 en fRance) vont interdire purement et simplement les téléphones. Ajouté au SNU, le désir de l’État de faire des jeunes des amoureux.euses de la patrie et des entreprises est devenu difficile à ignorer. L’école devient un espace de simulation du travail : on y enfile son uniforme et chaque minute passée y est contrôlée. C’est pas un hasard si le seul lycée qui teste l’uniforme est un lycée pro. Les récentes réformes des lycées pro visaient déjà à transformer les lycéen·nes en main d’œuvre corvéable pour les patrons. À terme, toutes les écoles, collèges et lycées – pro ou non – devraient revêtir l’uniforme. Mais peut-être que c’est ça leur but, qu’enfin le hachoir à viande ne discrimine plus.

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°6

Kanaks enfermé·e·s près de chez vous

Courant mai, des révoltes ont éclaté en Kanaky (souvent appelé avec son nom colonial « Nouvelle-Calédonie ») suite à un projet visant à donner encore plus de pouvoir aux colons. Ceux-ci ont déjà un pouvoir énorme sur l’île qui vient de leur contrôle total sur le logement, les commerces, les entreprises. Comme dans les départements d’outre-mer, les blanc·he·s, notamment métropolitain·e·s, sont privilégié·e·s dans l’accès aux boulots qui donnent un niveau de vie décent. C’est donc un système de ségrégation bien huilé qui s’exerce sur la Kanaky.

En réponse à ces mouvements indépendantistes, l’état à déployé l’armée et à toléré la formation de milices coloniales, les prisons ont également étés utilisées comme un outil de contrôle : 7 militant·e·s du CCAT (Comité de Coordination des Actions de Terrain) ont été arrêté·e·s puis déporté·e·s vers la fRance métropolitaine avant d’être placées dans de multiples centres pénitentiaires. D’autres militant·e·s kanaks qui étaient porté·e·s disparu·e·s ont été retrouvé·e·s éparpillé·e·s dans des prisons aux quatres coins de l’hexagone. C’est ainsi que, dans les prisons de Lille-Annœullin et de Maubeuge, des indépendantistes sont incarcéré·e·s. Cet éclatement est évidemment une stratégie pour réduire au maximum toute forme de protestation et de solidarité, prouvons-leur qu’ils ont tort !

Pour leur apporter notre soutien, on peut leur envoyer du courrier ou donner à des cagnottes (sur helloasso). Sur Lille : vous pouvez contacter le collectif L’Arrache à l_arracheⒶriseup.net

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°6

Racisme : Pendant ce temps-là, en Angleterre

Des émeutes racistes ont parcouru l’Angleterre début août. Prenant pour prétexte l’horrible attaque commise par un adolescent gallois noir fin juillet, qui a entraîné la mort d’au moins 3 enfants et presque une dizaine de blessés, l’extrême droite s’empare de l’évènement. Les fausses informations se diffusent en masse sur les réseaux sociaux, désignant l’assaillant comme un immigré musulman qui aurait traversé la Manche, matérialisation fictive de leur « grand remplacement » propagée par les médias. Puis ça déborde : dès le lendemain de l’évènement, des protestations réunissent des centaines, puis des milliers de personnes en colère contre l’Étranger mystifié. Pas surprenant que ça prenne facilement, le groupe des réactionnaires (Tory) y travaille depuis des années, notamment en promouvant la mise en place de la « remigration », rêve de Zemmour à l’anglaise. La police a été très vite dépassée.

A visage découvert, l’extrême droite nous a encore montré sa violence raciste. On s’attaque à des mosquées, aux migrant·e·s, à des centres d’accueil, à toute enseigne tenue par des personnes supposées immigrées. Si les décisions de justice qui tombent aujourd’hui sont relativement sévères, les réseaux de la haine n’en sont pour autant pas affaiblis. L’extrême droite française, elle, rêve de voir cette situation se reproduire ici, et y travaille en récupérant les morts de Thomas ou de Lola, et en instrumentalisant régulièrement des faits divers.

Dans la foulée de cette démonstration de force, une quinzaine de fascistes anglais annoncent sur les réseaux sociaux qu’ils vont venir patrouiller sur le littoral nord-français pour “stopper les bateaux” des migrant·e·s à partir du 11 août. Très vite, des appels à la vigilance et à actions pour stopper les fachos circulent. Leurs menaces se sont révélées sans suites, mais le risque d’attaques racistes est toujours présent pour celles et ceux qui tentent de passer. Il est inquiétant de voir leurs messages se diffuser aussi largement sur les réseaux sociaux et dans tous les médias.

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°6