Du 1er au 12 décembre, un procès avait lieu à Lille où 17 personnes étaient accusés d’être des « passeurs » et d’avoir commis un « homicide involontaire » suite au décès d’une érythréenne de 24 ans lors d’une tentative de traversée. Ce qui impressionne dans l’enquête est la principale source des preuves : elles ont presque toutes été obtenues via les données téléphoniques, que ce soit par le bornage près des « points de départ », par la saisie de plusieurs téléphones, mais surtout par la mise sur écoute d’une grande partie des accusés, qui avaient la mauvaise habitude d’échanger beaucoup d’infos pendant des appels en clair (via le réseau téléphonique classique).
Que la Justice les juge coupables, ça nous importe peu, cette situation est avant tout provoquée par les États européens qui traquent les personnes exilées, par les accords migratoires mortifères entre la fRance et l’Angleterre et, dans ce cas, par la dictature érythréenne qui force tant de gens à partir.
La frontière franco-britannique est une zone de crise permanente. Les gens mettent leur vie en péril pour traverser la mer depuis la côte entre Calais et Dunkerque. Ladite frontière naturelle est un cimetière d’exilé·es en recherche de refuge.
Depuis septembre 2025, s’ajoute la présence de fachos venus d’Angleterre, et leur « Opération Overlord » pour empêcher des gens de traverser. Notamment un groupe (entre 3 et 15 fachos) de « Raise the Colors ». Ils disent « bloquer les islamistes ». Ils trouent des bateaux, volent des gilets de secours, menacent les gens et prennent des photos avec le matos volé. Ils ciblent aussi des assos qui font de l’aide humanitaire. Leur capacité de nuisance est grande, ils bénéficient de moyens considérables de la part de donateurs (comme… Elon Musk) pour payer leurs traversées et leurs équipements et ils ont très présents sur les réseau sociaux, notamment Facebook et Instagram.
Début 2026, l’orga des fachos s’accélère : leurs « raids » de 2025 avaient pour but de tâter le terrain et faire des repérages. Désormais, ils envisagent une grande réunion au Royaume-Uni (dans laquelle ils attendent jusqu’à 2000 personnes), le 24 janvierpour rassembler des hommes pour former une organisation para-militaire. Selon eux, ils auraient 20.000 inscriptions d’adhérents potentiels. Ils ont prévu des traversées collectives de la Manche dès qu’une « fenêtre d’ouverture » se présente (météo qui facilite le trajet pour les exilé·es).
Si l’État brutalise quotidiennement les migrant·es à la frontière via sa police nationale et l’agence européenne Frontex, les fachos s’organisent aussi de plus en plus de chaque côté de la Manche pour terroriser la population. Une multitude de groupes d’extrême droite profite du fait qu’il y a peu de résistance à leur violence. Le soutien aux personnes exilé·es est une rigueur absolue, ainsi qu’aux gens solidaires qui résistent et luttent sur place à Calais, Dunkerque et aux alentours. Formons une riposte ensemble !
Les plus observateur·rices d’entre vous auront remarqué qu’il n’y a pas eu de numéro d’Anarchie Localeau mois de décembre 2025. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée (devoir se reporter sur la Voix du Nord pour avoir des infos, c’est insultant – devoir se reporter sur Info Roubaix, c’est amusant, mais 2 minutes seulement). N’hésitez pas à nous envoyer des encouragements à anarchielocale59[arobaze]subvertising.org, ou des textes pour les prochains numéros. Ou bien des critiques, on prend aussi.
Pour rassurer le lectorat avide face à cette paresse manifeste, nous proposerons prochainement un hors-série spécial humour. 80% blagues, 70% politique, 25% cringe, 100% anarchiste* ! À l’adresse rappelée ci-dessus, vous pouvez nous envoyer vos meilleures blagues, jeux de mots, contrepèteries, memes amusants, détournements… Côté thématiques : anti-militarisme, anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-autoritarisme ! Vous avez jusque – au hasard – le 7 février 2026 pour envoyer vos contributions. Mais si la date est dépassée, n’hésitez pas à envoyer quand même !
Le lundi 1er décembre 2025, à 6h, des flics défoncent la porte de cette famille guinéenne à Lille-Sud, « sans sonner, sans s’annoncer, sans présenter un document officiel ». Ils demandent à voir Mohamadou, 29 ans, qui dort. Ils entrent dans la chambre « brutalement, et ont refermé la porte derrière eux ». La sœur de Mohamadou, dans une vidéo sortie après 10 jours d’un silence assourdissant de la part des autorités, continue : « Ils sont sortis quelques temps après, et ont annoncé à mes parents que leur fils était mort.Qu’il se serait suicidé en se jetant du 8eétage. »
Une enquête a été confiée à la police judiciaire de Tourcoing pour le compte de l’IGPN – donc des flics qui enquêtent sur d’autres flics avec qui ils travaillent tous les jours… Aucune nouvelle pour la famille depuis, et elle a même dû attendre plusieurs semaines avant de récupérer le corps. Dans ce « cri » en vidéo, elle demande que « lumière soit faite, que l’enquête soit menée en toute transparence afin que nous sachions pourquoi Mohamadou n’est plus là ». Les questions sont posées, clairement : « Pourquoi n’ont-ils pas laissé mon père intervenir ? Pourquoi ont-ils refermé la porte après être entrés à trois dans une chambre de 9 mètres carrés ?Pourquoi n’a-t-on pas entendu la voix de mon frère ? Mon frère aurait-il eu le temps d’émerger de son sommeil, lever le store, ouvrir la fenêtre et se jeter sachant nos parents dans l’appartement, lui qui avait le vertige, sans que 3 policiers ne puissent ne l’en empêcher ? »
Une marche blanche a eu lieu le 27 décembre à Lille, à la fois en hommage à Mohamadou et pour exiger la vérité et la justice. Elle a rassemblé environ 200 personnes, et s’est terminée face au tribunal judiciaire de Lille, dans un moment soutenu d’exigence, silencieux et intense. Une cagnotte de soutien à la famille a été mise en place le 13/12 : www.onparticipe.fr/c/XfJ6DTwZ
Le combat sera long, la solidarité est notre arme ! Vérité pour Mohamadou !
Le vendredi 2 janvier, un rassemblement devant la mairie de Lille était organisé par 7 familles privées de logement. Accompagnées de soutiens de Lille et de Calais, c’est au total une cinquantaine de personnes (dont des enfants en poussette) qui se sont retrouvées pour crier leurs revendications : « Pas de logement, pas de paix », « Enfant à la rue, mairie coupable ». Après 3h d’attente face à un cordon de flics, un anonyme de la mairie est sorti pour dire que les familles ne seraient pas reçues.
Et bien, cette année c’est pareil mais pour casser toute solidarité, la Préfecture du Nord a mis en place l’hébergement à la nuit : au lieu d’être assuré·e d’avoir un toit tant que les températures sont dans le négatif, les familles sont expulsées tout les jours des gymnases par la police et doivent faire une demande d’hébergement chaque matin. En plus du stress permanent de se retrouver à dormir dehors, ça réduit considérablement la quantité d’affaires qu’elles peuvent se permettre d’avoir. D’ailleurs, si vous avez des couvertures en rab’, déposez les à la CNT (32 rue d’Arras).
Leur lutte continue, parlez-en autour de vous pour les soutenir.
On connaît toustes les Mulliez, la famille derrière Auchan, Boulanger, Décathlon, Leroy Merlin, Jules, Norauto, Kiabi*… Bon bah en bons patrons qu’ils sont, ils ont voulu faire ce que les patrons savent faire de mieux : virer des gens, 2400 pour le coup. Et bien c’est raté pour cette fois, même la justice à trouvé ça abusé et a interdit ce licenciement fin septembre et a obligé les Mulliez à fournir aux syndicats des informations qu’ils avaient pas du tout envie de rendre publiques. Grâce à ça, tout les gens qui se sont retrouvés sur le carreau avant ce plan de licenciement peuvent facilement attaquer l’entreprise aux prud’hommes pour choper un peu de thunes.
Les Mulliez ont réussi à se mettre dans les poches 636 millions d’euros d’aides mais aucune perquisition n’a eu lieu au domicile de cette famille, faut passer le mot aux braqueurs. (lire page suivante)
* Mais attention, l’Association familiale Mulliez répète qu’« il n’existe pas de Groupe Mulliez » !
Étendue de l’empire de la famille Mulliez (300 entreprises, 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en cumulé pour plus de 850 membres de la grande famille).
« Au secours, notre patrimoine ouin ouin ouin » pouvait-on entendre après le braquage du Louvre (pas celui de Lens) le 19 septembre dernier, où 9 bijoux, dont quelques-un ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, femme de napoléon. En 7 minutes top chrono l’équipe, qui s’est fait passée pour des employés du BTP, s’est mise dans la poche l’équivalent de 88 millions d’euros, soit un peu plus que le salaire journalier de Bernard Arnault. Malheureusement, ils se sont fait choper pour la plupart (mais pas Bernard). Ce genre de casse c’est pas anodin, c’est tellement ciblé que c’est forcément une commande faite par un type pété de thune. Si les bandeurs de napoléon pleurent sur les plateaux télés en s’indignant contre les voleurs, ils refusent de comprendre que ce sont d’autres bourgeois qui « pillent » leur patrimoine adoré. Et comme d’hab, pendant que les patrons empochent, ce sont les employés qui trinquent.
Plus local et tout aussi rapide et spectaculaire, c’est La Poste de Roubaix qui s’est faite ouvrir à l’explosif le 12 novembre pour faire sortir des sacs de biftons… pourtant vides. Comme au Louvre, les gilets jaunes étaient revêtis pour se faire passer pour des techniciens, mais l’explosion a sûrement donné des infos contradictoires aux passants. 6 perquisitions ont eu lieu dès le lendemain. Mais que reproche-t-on à tous ces « braqueurs » qui, bravement, ne font que tester les systèmes de sécurité de nos institutions ?
Keolis vient de sortir le rapport annuel de satisfaction des usager·es d’Ilévia. Résultat : « record de satisfaction pour l’année 2024». MDR – disait-on dans les années 2000. Toute personne qui a pris le métro l’année dernière sait que c’est une vaste blague vu les galères jamais égalées à c’te période : pannes quasi-quotidiennes, usager·es utilisé·es comme cobayes pour tester les nouveaux quais, fin de service plus tôt pour les travaux… En fait, l‘enquête a été menée avant les modifications techniques ayant entraîné la vague de pannes. Pas con, Kéolis !
Grand succès pour le nouveau modèle de v’Lille installé début septembre2025 : les gens se l’arrachent, littéralement. Le système d’attache aux bornes était défaillant et 150 des 500 premiers vélos mis en service se sont fait voler en quelques jours. Une grande partie a déjà été récupérée, mais les gens qui roulent sur ce nouveau modèle doivent subir des contrôles policiers. Il est donc sûrement de bon ton pour celleux qui ont eu leur vélo « offert » par la MEL de ne pas sortir avec leur nouveau bolide pendant quelques semaines.
On propose un nouveau slogan à Ilévia : « ne roulez plus, volez ».
Parce que le service privé n’est pas mieux que le public, lire aussi : « A nos pinces ! » dans Anarchie Locale n°3, mai 2024.
Tous les 3 ans, c’est Lille 3000, un programme culturel instauré sous Aubry qui rafle toutes les subventions publiques de la culture : par année, c’est 2 à 3 millions de la ville, 1 million de la MEL, 1 million des Hauts-de-France, et même l’État file environ 500.000€. Du jamais vu ! Mais tout ça va en grande partie dans le financement d’une « parade » pompeuse et sans techno…
Eldorado, Utopia, Fiesta : s’il faut reconnaître que c’est pas les sujets des paniques morales de la droite, ça reste une poignée de décideurs qui déterminent si les spectacles, expos, ou concerts des artistes locaux·ales rentrent dans le moule ou non. Sinon, ciao la sub’ !
Cette saison s’appelait « Fiesta ». Quelle ironie quand on sait ce que Martine Aubry a fait du monde de la nuit pendant son mandat : limitation, fermetures, concentration… Parce que les lillois·es aiment trop faire la fête mais qu’ils la font mal ! L’édition actuelle de Lille 3000 touche à sa fin : bon débarras ! Fêtons plutôt le départ du Parti Socialiste.