« Halle de l’emploi » : Vase-Clos nombriliste et sectaire

1er janvier 2025, début des 15h d’esclavage pour les allocataires du RSA (560€/mois). C’est l’occasion de parler d’un espace d’activité de France Travaille : la « Halle de l’Emploi ». Situé à côté du Poil Emploi Lille-Centre, cet open-space accueille des conférences et ateliers débilisants à destination des demandeurs d’emplois et des entrepreneurs. Pensé comme un véritable espace de rencontre entre allocataires et startupeurs, vous n’y trouverez cependant qu’un microcosme bien réel, engraissé à l’argent public.

Parmi les « formations » proposées : « storytelling », « méditation pleine conscience », « apprendre à bien tirer profit de l’intelligence artificielle ». On préssent une bande de conférencier·e·s dans le genre du gars connu pour sa phrase « la question est vite répondue » : à savoir, le libéralisme dans toute sa splendeur, adoubé par le « service public » qui lui paye 700€ la prestidigitation de 2h. Aucun regard critique par l’institution, qui entretient les dérives sectaires des intervenant·e·s.

Pour en avoir une idée plus claire, on est allé·es à un atelier. Dans un public d’une quinzaine de personnes, on a surtout vu que les gens de France Travaille suivent les ateliers sur leurs heures de taf, que quelques startupeurs viennent réseauter en jouant les premiers de la classe (notamment les autres confériencier·e·s), et qu’il y a deux ou trois RSAstes paumé·e·s forcé·e·s à faire acte de présence. Quand on pense que ce vase clos est financé avec l’argent du contribuable, c’est une honte !

Plus sérieusement, ça risque de se généraliser avec la réforme du RSA. Plutôt que de rester consterné·e, rendez-vous le 14 janvier au CCL (4 rue de Colmar) pour discuter de l’application de la réforme et s’organiser contre le flicage des allocataires.

Le département à l’assaut du RSA

Un rapport du Secours Catholique indique que le non-recours aux droits (RSA, APL, AAH…) explose à Lille et ses environs. 40 % des gens qui vont au « secours cat’ » ont droit au RSA mais ne le demandent même pas. On a trouvé la raison : la politique sanglante menée par le département avec Christian Poiret, LR, à sa tête.

Déjà, pour espérer toucher 500 balles, on doit se conformer à pleins d’obligations alors que la CAF, elle, ne prend pas en compte les « priorités sociales » (santé, logement…). Mais plus récemment, ils font planer la peur de perdre jusqu’à 80% des aides avec des mesures de plus en plus strictes. Et pour couronner le tout, on entend à longueur de médias que toucher le RSA serait une honte réservée aux fainéant·es… forcément, ça n’aide pas.

Et Poiret joue les premiers de la classe auprès du gouvernement de droite extrême pour obtenir le droit d’« expérimenter » de nouvelles formes de répression des allocataires dans le Nord avant qu’elles ne soient généralisées partout en France. Il demande à avoir totalement la main sur les règles pour les rendre encore plus contraignantes. Il va mal finir, celui-ci !