Pour un antiracisme anti-autoritaire

Depuis 2 mois, une nouvelle assemblée antiraciste en non-mixité [personnes racisées] s’organise à Lille contre la suprématie blanche de moins en moins complexée. Ça nous fait plaisir de voir que les gens qui s’organisent sur ce terrain ne sont pas que des staliniens, qui dominent le paysage local antiraciste (sous la coupe de la Coordination Communiste).

Depuis l’avènement du Parti des Indigènes de la République en 2005 dirigé par Houria Bouteldja, les luttes décoloniales qui ont le vent en poupe sont souvent des projets autoritaires, marxistes-léninistes, qui défendent la conquête du pouvoir d’État à partir d’une approche essentialiste de la société (« Beaufs », « barbares », « Juifs ») loin d’une analyse intersectionnelle des rapports sociaux. C’est sans surprise qu’on a entendu Bouteldja, invitée à la Bourse du Travail le 15/02, approuver l’idée qu’il faut mettre « les sionistes au goulag », questionnée avec amusement par l’animateur du jour. Et, bien sûr, votez Mélenchon ! Leur stratégie provocatrice ne nous amuse pas trop, nous. Mais d’autres antiracismes sont possibles !

Pour plus d’infos sur ces questions :
Bouteldja, ses « soeurs » et nous, Mélusine, 2016.
Bouteldja « une soeur » qui vous veut du bien, Lala Mliha, 2017.
Combien de fois faudra-t-il répéter que Houria Bouteldja n’est pas une camarade ?, Juives et Juifs Révolutionnaires, 2023.

Précision (qui n’est pas sur la version papier) : un texte supplémentaire est en cours d’écriture pour apporter les intentions derrière ce trop court texte, et notamment rappeler qu’il ne s’agit pas de se focaliser sur une personne (en l’occurence H. Bouteldja) mais plutôt de critiquer un courant de pensée théorique et stratégique dans la lutte anticapitaliste : le marxisme-léninisme (a.k.a « stalinisme »).