Ciao Aubry ?

Le 6 mars, nous avons appris une sacrée nouvelle : la démission de Martine Aubry. Après avoir été maire de Lille pendant 24 ans, elle s’en va vers d’autres horizons. Loin de vouloir lui rendre hommage, ce que nous retiendrons principalement est son utilisation de la culture comme accélérateur de rénovation urbaine et de gentrification. La politique socialiste consiste, en prétendant faire le contraire, à reléguer les classes populaires toujours plus loin dans les périphéries.

Lille Capitale Européenne de la Culture 2004, et son budget de dizaines de milliards d’euros, suivie du programme culturel Lille 3000 qui a lieu tous les 3 ans, ont bien servi à aseptiser nos espaces et dépolitiser nos modes d’expression, comme avec le Flow par exemple. Aubry ne nous manquera pas, et on reste au taquet contre ses successeur·e·s.

On vous conseille la lecture de « La fête est finie » : lafeteestfinie.free.fr

Contre la Saint-Valentin

Pour la « fete de l’amour », on vous propose un bouquet de brochure à lire:

Contre l’amour – Pour entamer la construction d’une affection abondante, sans dominations et sans dépendances. – infokiosques.net

Polyalgie – « texte rédigé dans le but de faire une retour critique sur le modèle polyamoureux » – infokiosques.net

Que c’est bon d’avoir mal – « j’écris ceci parce que j’aurais bien aiméqu’il y ait des ressources pour me guider quand j’ai découvert que j’aimais ressentir de la douleur » infokiosques.net

Baiser des meufs trans – « je voulais parler aux autres meufs trans de la façon dont nous aimons baiser » – trrransgrrrls.wordpress.com

SelFrisson – « quelques textes sur la masturbation et autres formes de plaisir sensuel solitaire… » – infokiosques.net

Hénin-Beaumont : le théâtre de l’Escapade vire au brun

Le 25 septembre 2024, c’est le lancement de la saison du théâtre de l’Escapade à Hénin-Beaumont, fief du Rassemblement National depuis 2014. Plus de 100 personnes sont présentes et écoutent le président de l’association, d’un naturel fébrile, faire les présentations. Quand Jean-Luc Dubroecq termine son discours, 60 personnes montent sur scène avec une grande banderole dans un calme assourdissant. 

Au micro, une comédienne lit un long texte qui explique ce sabotage en règle. Le collectif, d’artistes et de soutiens, demande la signature d’une convention pour garantir la liberté de l’asso sur la gestion du lieu, le retour du directeur artistique en arrêt depuis l’été, le maintien du financement du lieu (dont 300.000€ par an par la ville, tout de même), et le recrutement par l’asso’ de plus de travailleurs. Dans la salle, deux ou trois personnes réagissent à cette prise d’otage désarmante. On entend même une femme dire qu’elle veut appeler les keufs.

L’association, qui gère le lieu depuis 55 ans, est en PLS. Suite au départ de deux travailleurs du théâtre, deux agents municipaux les remplacent… à l’arrache. En plus, Jean-Luc Dubroecq, ce vieux loubard a signé une convention avec la mairie RN, propriétaire des murs du théâtre, lui permettant de réquisitionner le lieu sous 15 jours si elle le souhaite, même si un spectacle est programmé. Pire, si elle veut gérer elle-même la programmation culturelle du lieu, elle peut virer l’association avec un préavis de 2 mois. Faut dire que Steeve Briois (n°2 du RN entre 2011 et 2018) a les idées claires sur la prog’ du lieu : « les navets et la daube gauchiste de l’Escapade, haut lieu de l’inculture et de la propagande anti-raciste ». Cet été, Dubroecq a proposé de virer le directeur artistique pour harcèlement moral sur les 2 agents municipaux. 5 des 8 personnes du Conseil d’administration ont voté contre. Raté. Par contre, la mairie de fachos contre-attaque en portant plainte contre l’asso pour complicité de harcèlement.

Aux revendications, nous on ajouterait bien : que Briois crève et que Dubroecq le collabo dégage de la présidence ! Et pourquoi pas faire une direction collégiale pour assurer une gestion moins autoritaire…

Visite touristique en bourgeoisie

Samedi 16 Mars, l’Atelier Populaire d’Urbanisme de Fives qui fête ses dix ans nous invite à un city-tour « safari chez les riches ». Au programme, un bus rempli de curieuxses sillonne les beaux quartiers de la métropole Lilloise : le très verdoyant quartier Brigode de Villeneuve d’Ascq et son golf, le très cosy quartier Beaumont de Croix et ses milliardaires suivi du très chic Domaine de la vigne à Bondues.

Petit jeu fort sympathique où les rôles semblent quelque peu inversés, ce sont les riches qui sont observés dans leur habitat naturel. Habitués à la tranquillité, les voisins vigilants sont sujets à nos têtes rigolardes lorsqu’on lit les interrogations sur leurs visages. Mais bon sang, que fait un bus de soixante personnes dans nos si calmes allées arborées ! A Croix, la frustration nous a gagné, les rues sont fermées par des barrières à bip. Sentiment vite soulagé à Bondues dans la fondation Septentrion, le château du Vert Bois et ses 60 hectares. C’est payant, merde. 2€50 l’entrée. On tente de forcer le passage. Une Marie-Dominique accourt et interpelle les intrus. Notre animateur déboule illico et y va au bluff. « Bonjour, je suis le Maire d’Haubourdin, je fais visiter, ces gens sont au RSA  ». Tout de suite la tension retombe. « Ah, mais fallait prévenir Monsieur, je vous en prie entrez donc  »… Et bim, 150 balles qui n’iront pas leurs poches !

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°2