Téteghem : Des travailleurs sociaux agressés par le Président du Département du Nord

Le 24 janvier 2025, pendant une cérémonie des voeux à Téteghem (vers Dunkerque), le président du Département du Nord a révélé son vrai visage. Alors que des travailleur·ses du social s’étaient invité·es pour pointer du doigt l’« accompagnement » spécialisé dans le 59, Christian Poiret leur a gentiment répondu, quoi qu’avec un petit agacement : « Vous n’êtes pas respectueux et respectueuses de ceux qui sont venus dans un bon esprit », et, plus tard, carrément vénère : « Ne vous inquiétez pas, le Président est serein [il parle de lui à la 3e personne…], les conseillers départementaux sont très sereins… si vous avez un travail en mode dégradé, faites autre chose que travailler au département du Nord ! (intenses huées dans la foule) Y’en a qui n’ont pas de travail, y’en a qui sont sur le bord de la route, si vous n’êtes pas bien ici, allez ailleurs ! Et je le dis, et je l’assume, allez travailler ailleurs ! »

Comme son prédécesseur Jean-René Leclerc, ce tocard mène une politique anti-pauvres depuis son arrivée en 2021, en taillant dans les moyens de l’Aide Sociale à l’Enfance, de l’accompagnement au handicap, en augmentant la chasse aux RSAstes… Soutien à celleux qui galèrent et celleux qui luttent !

Soirée Karaoké au département : Poiret chante "Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil" Et ajoute "Dommage pour vous"n>

Expulsion : des dizaines de familles à la rue

Depuis le 3 janvier, des centaines de familles étaient abritées en raison du « grand froid » (-5°C) dans des bâtiments appartenant au département du Nord pour ne pas dormir dans la rue. Les conditions de vie y sont difficiles : pas d’intimité, pas de confort, des repas dégueux. Le tout sous l’œil des flics sociaux de la protection civile, qui contrôlent la solidarité en empêchant tout soutien d’entrer et interdisent aux assos de distribuer de vrais repas au chaud.

La situation n’était pas idéale. Mais les températures ont dépassé le jeudi 23 janvier, pile-poil la température idéale selon la préfecture pour dormir dehors ! Ni une ni deux, l’ordre d’expulser les familles est déclenché.

Au gymnase de Mons-en-Baroeul, plus de 20 familles ont lutté en refusant de partir tant que des solutions de relogement n’étaient pas proposées. Pareil à Trith-Saint-Léger où des familles logées au CAES refusent de se retrouver à la rue. On a pu voir quelques personnes venir soutenir ces familles déter’. Mais, sur place, la police était en nombre et allait jusqu’à empêcher l’apport de nourriture alors que les gamin·es n’avaient pas mangés depuis 8h !

Face aux expulsions, ne restons pas seul.es ! Vive les squats !

L’Alma : quartier quadrillé

Du côté de l’Alma (Roubaix), ça fait plus de 3 ans que les habitant·e·s se mobilisent contre la destruction de leur quartier. Le but de Delbar (le maire de droite) est clairement de virer les pauvres et d’installer des bourges à la place.

Pour accélérer le déplacement des gens qui y vivent, une stratégie d’asphyxie du quartier a été appliquée : d’un côté la mairie refuse de donner le moindre espace pour proposer des activités et de l’autre la police harcèle les habitant·es lorsqu’iels sont dehors. La gestion est devenue militaire le 7 novembre quand environ 50 camions de CRS ont été déployés accompagnés de keufs sur les toits. Des barricades anti-émeutes avec contrôle systématique des riverain·es. C’est donc devenu impossible pour les habitant·es de circuler librement ou de tout simplement inviter du monde chez soi, le quartier devenant presque une prison à ciel ouvert

La lutte de l’Alma est vivace, avec des moyens légalistes ou non. En se baladant près des chantiers, on peut quand même voir que des engins de chantiers ont spontanément pris feu. Comme pour chaque projet d’urbanisme fortement contesté, la stratégie des pouvoirs publics est de faire taire cette lutte, alors que notre solidarité soit bruyante !

Hénin-Beaumont : le théâtre de l’Escapade vire au brun

Le 25 septembre 2024, c’est le lancement de la saison du théâtre de l’Escapade à Hénin-Beaumont, fief du Rassemblement National depuis 2014. Plus de 100 personnes sont présentes et écoutent le président de l’association, d’un naturel fébrile, faire les présentations. Quand Jean-Luc Dubroecq termine son discours, 60 personnes montent sur scène avec une grande banderole dans un calme assourdissant. 

Au micro, une comédienne lit un long texte qui explique ce sabotage en règle. Le collectif, d’artistes et de soutiens, demande la signature d’une convention pour garantir la liberté de l’asso sur la gestion du lieu, le retour du directeur artistique en arrêt depuis l’été, le maintien du financement du lieu (dont 300.000€ par an par la ville, tout de même), et le recrutement par l’asso’ de plus de travailleurs. Dans la salle, deux ou trois personnes réagissent à cette prise d’otage désarmante. On entend même une femme dire qu’elle veut appeler les keufs.

L’association, qui gère le lieu depuis 55 ans, est en PLS. Suite au départ de deux travailleurs du théâtre, deux agents municipaux les remplacent… à l’arrache. En plus, Jean-Luc Dubroecq, ce vieux loubard a signé une convention avec la mairie RN, propriétaire des murs du théâtre, lui permettant de réquisitionner le lieu sous 15 jours si elle le souhaite, même si un spectacle est programmé. Pire, si elle veut gérer elle-même la programmation culturelle du lieu, elle peut virer l’association avec un préavis de 2 mois. Faut dire que Steeve Briois (n°2 du RN entre 2011 et 2018) a les idées claires sur la prog’ du lieu : « les navets et la daube gauchiste de l’Escapade, haut lieu de l’inculture et de la propagande anti-raciste ». Cet été, Dubroecq a proposé de virer le directeur artistique pour harcèlement moral sur les 2 agents municipaux. 5 des 8 personnes du Conseil d’administration ont voté contre. Raté. Par contre, la mairie de fachos contre-attaque en portant plainte contre l’asso pour complicité de harcèlement.

Aux revendications, nous on ajouterait bien : que Briois crève et que Dubroecq le collabo dégage de la présidence ! Et pourquoi pas faire une direction collégiale pour assurer une gestion moins autoritaire…

Pas de Retraite, pas de braderie

Le weekend du 14 et 15 septembre c’était la braderie, RDV « incontournable » où toute tentative de manifestation est vouée à l’échec. Une tentative de rassemblement féministe à République, contre la culture du viol et en soutien à Gisèle Pélicot, a d’ailleurs été interdite. Mais le samedi, en se baladant porte de Paris, on a pu entrendre des slogans datant de la mobilisation contre la réforme des retraites. En tendant l’oreille, on découvre une trentaine de militant·e·s poursuivant Violette Spillebout (ancienne emmurée vivante) et Elisabeth Borne (championne olympique du 49.3) à coup de « Elisabeth casse-toi, Lille veut pas de toi ». Le gratin politicien était évidemment escorté de flics et de gardes du corps, mais cette manif impromptue entre la porte de Paris et la mairie aura réussi à dégager ces 2 parasites de la braderie !

Rassemblement antifasciste : changement de préfet mais pas de politique

Dimanche 7 juillet, 21 h, rassemblement contre l’extrême-droite place de la république, mêlant soulagement sans naïveté. On peut se réjouir que Bardella se soit finalement fait chié dessus dans les urnes (lui rappelant peut-être l’amphi N de Tolbiac), mais la lutte contre les idées réactionnaires et xénophobes est loin d’être gagnée.
Au bout d’une heure, un cortège se forme et s‘avance boulevard de la liberté. Les sommations ne se font pas attendre, les lacrymo non plus. Reçu cinq sur cinq : on change de route ! À Solférino, rebelote ! Gazage et charges en bonus. C’est l’occasion de découvrir la politique du « maintien de l’ordre » du nouveau préfet Bertrand Gaume, qui a succédé à Georges-François Leclerc en février (on le regrettera pas). Sa nomination par Darmanin aurait du nous alerter : les exécutants se succèdent, la politique répressive continue.
La soirée se poursuit dans les lacrymos lancées dans des rues étroites, avant que des zélés de la matraque trouvent judicieux de passer à tabac quatre ou cinq d’entre nous, pour la forme. Pour l’un, c’est trauma crânien et prise en charge par les pompiers, après que les flics l’ai relâché, faute d’un quelconque motif pour l’arrêter. Le message est clair : la dissuasion de toute contestation par les insultes et menaces, le tabassage et la destruction des effets personnels (lunettes, téléphone). Sont-ils encouragés par leur hiérarchie ou sont-ils juste en roue libre ? Réponse avec Bertrand Gaume sur France Bleu, qui a renouvelé « tout [son] soutien aux policiers engagés […] dans des conditions très difficiles ».

 

 

 

texte publié dans Anarchie Locale n°5

Emmaüs : LA LUTTE PAYE !

51 compagnons grévistes du Nord viennent d’obtenir régularisation !

Depuis le 1er juillet 2023 les travailleur·se·s sans-papiers d’Emmaüs St-André sont en grève. Le 30 septembre, les travailleurs sans-papiers d’Emmaüs Nieppe les ont rejoint. Ça fait donc plusieurs centaines de jours que les grévistes dénoncent leurs conditions de travail et de vie au sein des communautés d’Emmaüs de la région : 40h de travail par semaine pour à peine une centaine d’euros (les 450 € promis sont déjà dégueulassement bas), une direction raciste, un flicage permanent pendant et en dehors des heures de taf, un blocage des demandes de régularisation – un système esclavagiste donc. Ça fait des mois que tous les jours, les grévistes tiennent un piquet de grève sur les 2 sites, quelle que soit la météo.

À Nieppe, les bénévoles d’Emmaüs soutiennent la direction et essaient régulièrement de casser le piquet de grève. Selon eux, ils n’ont pas à se plaindre parce que c’est pire ailleurs, et que aider les pauvres ça justifie d’exploiter d’autres pauvres. Ils ont été jusqu’à déposer une tête de sanglier devant le piquet pour les intimider. Cette bande de racistes se sent investie d’une mission, mais ils n’arrêtent pas la détermination des grévistes !

Du côté de St-André, les grévistes vont régulièrement manifester devant la mairie. Lors de la manif du 12 février la police a attaqué les grévistes physiquement et verbalement, stratégie classique pour provoquer un outrage. Suite à ça, 2 grévistes se sont retrouvés en garde à vue la nuit du 14 au 15 février avant de passer au tribunal. Mais la motivation ne faiblit pas !

Si bien que le 29 février, la CGT a été reçue par Darmanin à paname et a obtenu la régularisation de 51 grévistes d’Emmaüs dans le Nord, et 569 grévistes d’île de france, de Marne et de Sainte-Maritime ! La lutte paye !

Ne soyons pas dupes et maintenons la garde jusqu’à voir les titres de séjour dans leurs mains. Les grévistes tiennent un piquet de grève chaque jour de la semaine, passons les voir pour les féliciter et continuer de les soutenir !

 

 

– Publié dans Anarchie Locale n°1bis