Numéro 21 – Janvier 2026

S’il n’y a pas eu de numéro pour le mois de décembre 2025, on met les bouchées doubles pour démarrer 2026. Ce vingt-et-unième numéro cause de racisme : policier, britannique, judiciaire, municipal (spoiler, les familles à la rue quand il fait -5°C dehors sont racisées).

Nous sortirons prochainement un numéro spécial humour, avec des blagues plus ou moins anarchistes, et plus ou moins drôles, envoyez-nous vos meilleures histoires drôles, memes, jeux de mots… Le mail, c’est toujours anarchielocale59[arobaze]subvertising.org.

Petite annonce : des blagues pour l’anarchie !

Les plus observateur·rices d’entre vous auront remarqué qu’il n’y a pas eu de numéro d’Anarchie Locale au mois de décembre 2025. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée (devoir se reporter sur la Voix du Nord pour avoir des infos, c’est insultant – devoir se reporter sur Info Roubaix, c’est amusant, mais 2 minutes seulement). N’hésitez pas à nous envoyer des encouragements à anarchielocale59[arobaze]subvertising.org, ou des textes pour les prochains numéros. Ou bien des critiques, on prend aussi.

Pour rassurer le lectorat avide face à cette paresse manifeste, nous proposerons prochainement un hors-série spécial humour. 80% blagues, 70% politique, 25% cringe, 100% anarchiste* ! À l’adresse rappelée ci-dessus, vous pouvez nous envoyer vos meilleures blagues, jeux de mots, contrepèteries, memes amusants, détournements… Côté thématiques : anti-militarisme, anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-autoritarisme ! Vous avez jusque – au hasard – le 7 février 2026 pour envoyer vos contributions. Mais si la date est dépassée, n’hésitez pas à envoyer quand même !

* Oui, ça fait 275%.

Mini-bande-dessinée : « Une histoire rapido de la guerre. Néolithique (des morts). Moyen-âge (plus de morts). Ère contemporaine (encore plus de morts). »

Justice pour Mohamadou

Le lundi 1er décembre 2025, à 6h, des flics défoncent la porte de cette famille guinéenne à Lille-Sud, « sans sonner, sans s’annoncer, sans présenter un document officiel ». Ils demandent à voir Mohamadou, 29 ans, qui dort. Ils entrent dans la chambre « brutalement, et ont refermé la porte derrière eux ». La sœur de Mohamadou, dans une vidéo sortie après 10 jours d’un silence assourdissant de la part des autorités, continue : « Ils sont sortis quelques temps après, et ont annoncé à mes parents que leur fils était mort. Qu’il se serait suicidé en se jetant du 8eétage. »

Une enquête a été confiée à la police judiciaire de Tourcoing pour le compte de l’IGPN – donc des flics qui enquêtent sur d’autres flics avec qui ils travaillent tous les jours… Aucune nouvelle pour la famille depuis, et elle a même dû attendre plusieurs semaines avant de récupérer le corps. Dans ce « cri » en vidéo, elle demande que « lumière soit faite, que l’enquête soit menée en toute transparence afin que nous sachions pourquoi Mohamadou n’est plus là ». Les questions sont posées, clairement : « Pourquoi n’ont-ils pas laissé mon père intervenir ? Pourquoi ont-ils refermé la porte après être entrés à trois dans une chambre de 9 mètres carrés ? Pourquoi n’a-t-on pas entendu la voix de mon frère ? Mon frère aurait-il eu le temps d’émerger de son sommeil, lever le store, ouvrir la fenêtre et se jeter sachant nos parents dans l’appartement, lui qui avait le vertige, sans que 3 policiers ne puissent ne l’en empêcher ? »

Une marche blanche a eu lieu le 27 décembre à Lille, à la fois en hommage à Mohamadou et pour exiger la vérité et la justice. Elle a rassemblé environ 200 personnes, et s’est terminée face au tribunal judiciaire de Lille, dans un moment soutenu d’exigence, silencieux et intense. Une cagnotte de soutien à la famille a été mise en place le 13/12 :  www.onparticipe.fr/c/XfJ6DTwZ

Le combat sera long, la solidarité est notre arme !
Vérité pour Mohamadou !

Justice pour Mohamadou Oury Sow, mort le 1er décembre 2025 à Lille-Sud.

Compte Instagram de la famille : @justicepourmohamadou

« Grand froid » : Action devant la mairie de Lille

Le vendredi 2 janvier, un rassemblement devant la mairie de Lille était organisé par 7 familles privées de logement. Accompagnées de soutiens de Lille et de Calais, c’est au total une cinquantaine de personnes (dont des enfants en poussette) qui se sont retrouvées pour crier leurs revendications : « Pas de logement, pas de paix », « Enfant à la rue, mairie coupable ». Après 3h d’attente face à un cordon de flics, un anonyme de la mairie est sorti pour dire que les familles ne seraient pas reçues.

L’an dernier, on vous parlait des conditions de merde du « plan grand froid » : hébergement dans des gymnases froids, risque permanent de se retrouver dehors… et d’un mouvement de résistance qui avait eu lieu où des familles avaient refusé de partir le jour où les températures passaient au dessus de 0°C (lire Anarchie Locale · n°11 · février 2025).

Et bien, cette année c’est pareil mais pour casser toute solidarité, la Préfecture du Nord a mis en place l’hébergement à la nuit : au lieu d’être assuré·e d’avoir un toit tant que les températures sont dans le négatif, les familles sont expulsées tout les jours des gymnases par la police et doivent faire une demande d’hébergement chaque matin. En plus du stress permanent de se retrouver à dormir dehors, ça réduit considérablement la quantité d’affaires qu’elles peuvent se permettre d’avoir. D’ailleurs, si vous avez des couvertures en rab’, déposez les à la CNT (32 rue d’Arras).

Leur lutte continue, parlez-en autour de vous pour les soutenir.

Arnaud Deslandes, maire de Lille : « Bien sûr que je suis socialiste : je laisse des familles dormir dehors ».